SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 5 December 2021, Sunday |

Les habitants de Tadef entre le régime syrien et la Turquie

Il y a des années, des millions de Syriens ont fui leurs foyers pour être dispersés dans le monde entier, à l’extérieur et à l’intérieur de leur pays également.

Mais malgré la dureté du déplacement et de ses tragédies, il reste la chose la plus douloureuse qui soit de voir sa maison s’éloigner de plusieurs mètres devant soi, alors qu’on ne peut y entrer.

C’est l’histoire de centaines de personnes dans la ville de Tadef, qui est la seule zone de la campagne nord-est d’Alep, au nord de laquelle se trouvent des factions fidèles à Ankara, tandis que les forces du régime contrôlent l’autre partie de la ville.

« Regarder de loin »

Parmi ces déplacés, le chauffeur de taxi Khalil Ibrahim, qui vit à quelques dizaines de mètres de sa maison, l’inspecte de loin sans pouvoir l’approcher, les barrières militaires l’en empêchant car elles divisent la ville de Tadef entre les forces du régime et les factions d’Ankara.

Au-dessus des décombres d’une maison détruite près de la ligne de contact entre les deux parties, Ibrahim, 46 ans, a expliqué à l’AFP qu’il « vit actuellement dans la maison d’un ami, alors que sa maison n’est qu’à 300 ou 350 mètres de lui », après avoir été déplacé de Tadef en 2015, et s’être déplacé entre plusieurs zones avant d’y revenir en 2019.

Il a également expliqué : « Nous sommes toujours considérés comme déplacés jusqu’à présent, nous vivons en première ligne car nous ne pouvons plus payer les loyers élevés » dans les zones de déplacement.

En outre, il a confirmé que sa précédente maison, qu’il a construite après avoir hérité des terres de son père, est grande, « de quatre pièces, et il l’a entièrement équipée », alors qu' »aujourd’hui, il vit dans une maison sans portes ni fenêtres. »

« Allons-nous retourner ? »

Il a conclu : « Les enfants me le demandent : La porte de notre maison est proche. Ne devrions-nous pas retourner vers lui ? Mais je n’ai pas de réponse. »

Ibrahim est comme des centaines d’autres Syriens de ce quartier qui voient leur maison à quelques mètres, mais ne peuvent pas en toucher le seuil, ni en ouvrir la porte, se contentant de regarder, et rêvant de rentrer bientôt un jour !

Dans les quartiers nord de Tadef, il y a des familles qui viennent principalement de la ville et d’autres qui sont des parents des combattants de la faction de plusieurs régions.

Quant à l’autre côté, il est presque vide, sauf pour les forces du régime. Un membre du conseil municipal, Rami al-Mohammed Najjar, a expliqué à l’AFP la situation, en disant : « Les gens reviennent ici à cause de l’extrême pauvreté et des loyers élevés. »

Entre le régime syrien et la Turquie

Il convient de noter qu’en 2017, les forces du régime, avec le soutien de la Russie, ont pris le contrôle de la ville de Tadef après des combats avec ISIS.

Cependant, au même moment, la Turquie et les factions syriennes qui lui sont loyales ont lancé une campagne qui a duré des mois dans la campagne d’Alep. Elles ont ensuite pris le contrôle de vastes zones, notamment la ville d’al-Bab, à partir de laquelle elles ont ensuite pénétré dans les quartiers du nord de la ville adjacente de Tadef.

Depuis qu’ils en ont pris le contrôle, aucun des deux camps n’a tenté d’avancer au détriment de l’autre, et la ville n’a pas connu de combats, à l’exception d’escarmouches limitées de temps à autre.

    la source :
  • alarabiya