SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 16 October 2021, Saturday |

Les Nations unies retirent une employée de haut rang d’Éthiopie… Qu’a-t-elle dit à propos du Tigré ?

L’Organisation internationale pour les migrations a donné à la chef de sa mission en Éthiopie un congé administratif pour avoir mené des « interviews non autorisées » dans lesquelles elle accusait ses chefs de prendre le parti des rebelles de la région du Tigré, dans le nord du pays.

La sanction a été infligée à Maureen Aching, chef de la mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies en Éthiopie, dans une note datée de lundi, rapporte l’AFP.

Et cette sanction intervient alors qu’Addis-Abeba a récemment expulsé sept hauts fonctionnaires des Nations unies après les avoir accusés d’ « ingérence dans les affaires intérieures » du pays.

En effet, la guerre au Tigré a éclaté en novembre lorsque le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé une campagne militaire dans la région pour chasser du pouvoir le Front populaire de libération du Tigré, après l’avoir accusé de mener des attaques contre des camps de l’armée fédérale.

Ces derniers jours, des enregistrements d’une longue interview d’Aching et d’un autre haut fonctionnaire de l’ONU se sont répandus en ligne. Ces entretiens ont été réalisés par Jeff Pearce, un écrivain qui a publié de nombreux articles défendant la conduite d’Addis-Abeba dans la guerre contre les rebelles du Tigré.

Et dans ces enregistrements, Aching accusait ses collègues d’avoir « attaqué » le gouvernement éthiopien au début de la guerre et de marginaliser les fonctionnaires de l’ONU sur le terrain.

Dans son interview, la fonctionnaire de l’ONU a décrit le « Front de libération du peuple tigré » comme « sale » et « brutal », exprimant l’espoir de ne jamais retourner au Tigré.

Dans un document interne récemment envoyé par Aching à ses collègues et consulté par l’AFP, la fonctionnaire des Nations unies a confirmé qu’elle était « extrêmement troublée et déçue » par ces enregistrements, soulignant qu’ils avaient été « enregistrés de manière surprenante » et que des extraits en avaient été extraits et diffusés « de manière sélective ».

Mais les enregistrements prouvent que les personnes interrogées ont mentionné à plusieurs reprises qu’elle était enregistrée.

Lundi, le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations, Antonio Vitorino, a déclaré dans un communiqué que « les opinions attribuées dans les enregistrements audio à l’un de nos membres d’équipage sont incompatibles avec les principes de l’Organisation internationale pour les migrations et ne doivent en aucun cas être considérées comme reflétant la position de l’Organisation internationale pour les migrations. »

Pour sa part, Mohamed Abdeker, directeur régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Est et la Corne de l’Afrique, a déclaré que les commentaires d’Aching violaient les valeurs et le code de conduite de l’OIM.

    la source :
  • AFP