SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 9 December 2022, Friday |

Les protestations détruisent l’économie iranienne …. Le riyal est à son plus bas niveau

L’impact des manifestations dans plus de 80 villes iraniennes ne s’est pas limité uniquement aux questions de sécurité, mais a également affecté l’économie iranienne déjà épuisée.

Les violentes manifestations qui se déroulent actuellement en Iran ont affecté son plus ancien marché commercial, Tajrish, causant de lourdes pertes aux commerçants.

Les commerçants du marché de Tajrish, au nord de Téhéran, sentent une baisse de leur activité, surtout le soir, depuis que les mouvements de protestation ont commencé en Iran le 16 septembre sur fond de la mort de la jeune femme, Mahsa Amini, après son arrestation par la police des mœurs.

Les commerçants ont préféré ne pas commenter les mouvements de protestation actuels, qui sont entrés dans leur troisième semaine, et qui sont principalement concentrés dans les périodes de soirée et de nuit, ce qui se reflète dans le mouvement commercial.

Un commerçant note que « lorsque les mouvements commencent, je dois fermer mon magasin quatre ou cinq heures plus tôt (que d’habitude) pour des raisons de sécurité. A ce moment-là, les commerçants ferment leurs portes et le bazar est vide ».

Les protestations se sont transformées en les plus grandes manifestations contre les autorités religieuses iraniennes depuis 2019, avec des dizaines de morts dans les troubles à travers le pays.

Le riyal iranien

La monnaie iranienne qui se dégrade s’est approchée des plus bas niveaux historiques atteints en juin, incitant les Iraniens désespérés à acheter des dollars pour protéger leurs économies, alors que les espoirs de relancer l’accord nucléaire de Téhéran avec les puissances mondiales s’amenuisent et que les craintes concernant les conséquences économiques des troubles s’intensifient.

Le riyal iranien est tombé à 331,200 pour un dollar, contre 321,200, selon le site de change Bonbast.com.

La monnaie était tombée à son plus bas niveau historique le 12 juin, qui s’élevait à 332 000 pour un dollar.

Les protestations se sont intensifiées notamment dans la région du Kurdistan iranien, où les autorités avaient déjà réprimé les troubles de la minorité kurde, qui compte jusqu’à dix millions de personnes.

Selon l’organisation kurde de défense des droits de l’homme, les magasins et les entreprises se sont mis en grève samedi dans 20 villes du nord-ouest du pays pour protester contre les attaques des Gardiens de la révolution iraniens contre les partis d’opposition kurdes armés basés en Irak.

L’Organisation iranienne des droits de l’homme a condamné le meurtre de manifestants dans plusieurs villes, notamment à Zahedan, ville à majorité sunnite, dans le sud-est du pays.

Dans un rapport publié dimanche, l’organisation des droits de l’homme a annoncé que le nombre de morts avait atteint 133 personnes en l’espace de deux semaines, lors des manifestations qui ont éclaté après la mort de la jeune Iranienne Mahsa Amini, tuée sous la torture.