SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 November 2022, Sunday |

Les sanctions poussent la Russie et l’Iran à renforcer leur partenariat militaire

Alors que les responsables occidentaux et ukrainiens ont prévenu que la Russie tentait de se procurer des missiles à guidage de précision et des drones iraniens pour faire progresser ses efforts militaires chancelants en Ukraine, un haut responsable de la sécurité russe est arrivé à Téhéran.

Le principal conseiller du Kremlin en matière de sécurité a atterri à Téhéran tard dans la journée de mardi, alors que des indices de plus en plus nombreux indiquent que la Russie utilise des armes iraniennes avancées en Ukraine.

Les agences de presse officielles russe et iranienne ont décrit la visite du secrétaire du Conseil national de sécurité russe, Nikolai Patroushev, comme un voyage de routine pour discuter de projets communs.

Au cours de cette visite, les deux pays se sont engagés à approfondir leur coopération militaire, renforçant ainsi des liens qui ont permis à Téhéran de fournir des drones pour soutenir les efforts de guerre de Moscou en Ukraine.

Mercredi, après leur rencontre à Téhéran, Patrouchev et son homologue iranien, Ali Shamkhani, ont déclaré qu’ils lutteraient ensemble contre ce qu’ils décrivent comme l’ingérence de l’Occident dans leurs pays, et qu’ils développeraient leurs relations économiques dans un effort commun pour échapper aux sanctions, selon le Wall Street Journal.

« L’expansion de la coopération bilatérale et régionale, notamment avec les pays voisins dans le domaine de l’économie, fait partie des priorités stratégiques de notre pays », a déclaré Shamkhani, selon la télévision d’État iranienne.

Le journal officiel russe, Rossiyskaya Gazeta, a cité les propos de Patroushev : « Le monde traverse une période charnière », ajoutant que « la Russie et l’Iran sont aujourd’hui à l’avant-garde de la lutte pour l’établissement d’un ordre mondial multipolaire. »

Cette déclaration intervient après que des responsables ukrainiens ont averti que l’Iran livrerait des missiles balistiques de haute précision à la Russie après que cette dernière ait déjà eu recours à des drones iraniens.

Le journal américain « The New York Times » a cité le porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, Yuri Inhat, qui a déclaré lors d’une conférence de presse : « Nous avons des informations selon lesquelles ils sont parvenus à un accord partiel sur la livraison ».

L’Iran a nié avoir l’intention de vendre des missiles balistiques à la Russie. Mais le général de division Kirillo Budanov, chef de la Direction du renseignement de la défense, a déclaré que la livraison de missiles iraniens pourrait avoir lieu d’ici la fin novembre.

La relation entre l’Iran et la Russie évolue d’un partenariat militaire à une alliance anti-occidentale qui a des racines idéologiques. Selon les experts, l’isolement international de Moscou après son invasion de l’Ukraine et l’effondrement diplomatique entre l’Iran et l’Occident sont à l’origine du développement de ces relations.

Des responsables ukrainiens ont déclaré qu’au cours des dernières semaines, la Russie a lancé plus de 300 drones iraniens visant des unités militaires, des centrales électriques et des bâtiments civils à Kiev. Les États-Unis affirment que Téhéran a déployé du personnel en Crimée pour former les pilotes russes à l’utilisation de drones de fabrication iranienne.

Moscou et Téhéran cherchent également à construire une alliance commerciale et économique qui pourrait les aider à résister aux pressions exercées par les sanctions américaines.

Les armes iraniennes ont joué un grand rôle dans les conflits par procuration de Téhéran au Yémen et en Syrie, ce qui fait craindre que son implication croissante en Ukraine puisse aggraver les tensions avec Washington.