SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 2 December 2022, Friday |

L’Union européenne accepte de mettre en place des mesures pour stopper la hausse des prix des services énergétiques

Les dirigeants de l’Union européenne se sont mis d’accord, aux premières heures du vendredi 21 octobre 2022, sur une « feuille de route » visant à fixer des mesures dans les semaines à venir pour freiner la hausse des prix de l’énergie.

Bien que le bloc européen ait voulu, après les dures négociations, apparaître comme un front uni, de nombreux points doivent encore être résolus, et les négociations des prochaines semaines seront difficiles.

« Nous avons maintenant une très bonne feuille de route », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, tandis que le président du Conseil européen, Charles Michel, a parlé d’un « accord sur un paquet de mesures » qui doit maintenant être « traité avec soin ».

Michel a écrit sur Twitter : « L’unité et la solidarité prévalent, un accord pour travailler sur des mesures visant à contenir les prix de l’énergie pour les foyers et les entreprises », sans donner plus de détails.

Mais le chancelier allemand Olaf Scholz a clairement indiqué que si les ministres de l’énergie ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur une version finale, un nouveau sommet des chefs d’État serait nécessaire.

Selon le président français Emmanuel Macron, les mécanismes envisagés pourraient être mis en œuvre « fin octobre ou début novembre », et a déclaré que les dirigeants « ont envoyé un signal très clair aux marchés sur leur détermination et leur unité. »

Selon les conclusions publiées à l’issue de la réunion, les chefs d’État et de gouvernement demandent à la Commission de leur fournir « de toute urgence » des décisions concrètes sur un ensemble de mesures visant à freiner la volatilité des prix du gaz.

Les 27 pays ont convenu de promouvoir les achats communs de gaz au niveau de l’UE.

Ils ont également appelé à « accélérer leurs négociations » avec des pays producteurs « fiables » comme la Norvège et les États-Unis, afin de « profiter du poids économique » de l’Union européenne.

Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent depuis jeudi à Bruxelles pour tenter de surmonter leurs divisions et d’apporter une réponse commune à la hausse massive des prix de l’énergie, sur fond de tensions franco-allemandes.

La guerre en Ukraine et les sanctions imposées à la Russie ont provoqué un choc sur les prix du pétrole, du gaz et de l’électricité. L’Europe avance lentement depuis février en raison des intérêts parfois contradictoires des États membres, mais la situation exige une action rapide.

Le Premier ministre belge Alexander de Croo a souligné cette semaine que ce sommet est « le plus important depuis longtemps », et a déclaré que si celui-ci ne débouchait pas sur « un signal politique clair indiquant que nous avons la volonté de ne plus supporter les prix élevés du gaz », cela constituerait un « échec pour l’Europe. »

Des milliers d’entreprises européennes craignent pour leur survie en raison de la concurrence des États-Unis et de l’Asie, où les prix sont restés plus bas, et en Allemagne et en France, des milliers de personnes ont manifesté contre le coût de la vie.

Une réunion a eu lieu entre Macron et Scholz jeudi pour tenter de régler leurs différends, juste avant le début de la réunion.

« Je souhaite toujours préserver l’unité européenne et l’amitié et l’alliance entre l’Allemagne et la France également », a souligné Macron à son arrivée à Bruxelles, soulignant que « nous avons beaucoup de travail devant nous. »

Il a ajouté que « nous travaillons tous les deux au niveau national et je pense qu’il est toujours préférable de se consulter et de se coordonner », et le président français a poursuivi : « J’ai toujours considéré qu’il était de mon devoir de tout faire pour que nous trouvions des pistes d’accord entre l’Allemagne et la France, qui permettent ensuite de construire des accords européens. »

Plusieurs diplomates s’attendaient à ce que les discussions soient longues entre chefs d’État et de gouvernement.

La présidente de la Commission européenne doit faire face à des divisions entre les 27 pays qui dépendent d’un mélange différent de sources d’énergie, certains misant sur le nucléaire et d’autres sur le gaz ou même le charbon pour produire de l’électricité.

Ces pays sont également divisés sur la question de la fixation d’un plafond pour le prix du gaz utilisé pour produire de l’électricité. Un mécanisme similaire est appliqué en Espagne et au Portugal, ce qui a permis de faire baisser les prix.

Plusieurs pays, comme la France, demandent l’extension de ce mécanisme « ibérique » au niveau de l’Union européenne.

Mais l’Allemagne s’y oppose, ainsi que plusieurs pays du Nord, dont le Danemark et les Pays-Bas, qui sont réticents à l’intervention des autorités sur les marchés. Berlin estime que la baisse artificielle des prix nuit à l’objectif d’économie d’énergie et pousse à une plus grande consommation.

    la source :
  • AFP