SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 4 December 2022, Sunday |

Pas de normalisation des relations entre Washington et le régime syrien

Les Etats-Unis ont déclaré mercredi qu’ils n’ont pas l’intention de « normaliser ou d’améliorer » les relations diplomatiques avec le régime de Bachar al-Assad en Syrie, et n’encouragent pas les autres à le faire, a déclaré un porte-parole du département d’Etat.

Les remarques du responsable américain sont venues en réponse aux questions de Reuters sur la question de savoir si Washington encourage et soutient le rapprochement entre la Jordanie et la Syrie après que la Jordanie a rouvert son principal point de passage frontalier avec la Syrie mercredi.

Cette décision visait à stimuler l’économie chancelante du pays et à stimuler les efforts des pays arabes pour réintégrer la Syrie après l’avoir évitée pendant sa guerre civile.

Mercredi, les autorités jordaniennes ont rouvert le poste frontière de Jaber/Naseeb avec la Syrie aux passagers et aux mouvements de fret près de deux mois après sa fermeture en raison des combats dans le sud de la Syrie entre les forces gouvernementales et les factions de l’opposition.

Les autorités jordaniennes exigent que ceux qui prendront la traversée soient vaccinés ou soumis à un dépistage de la covid dans le cadre de mesures de prévention épidémiques continues.

La frontière avec la Syrie est une artère importante pour l’économie jordanienne, exportant des produits jordaniens vers la Turquie, le Liban et l’Europe, par laquelle les produits syriens sont importés, ainsi que de ces pays.

Le mois dernier, la présidence libanaise a annoncé qu’elle avait accepté d’aider le Liban à tirer de l’électricité et du gaz de l’Égypte et de la Jordanie en passant par la Syrie et le Liban. En pratique, l’engagement des États-Unis signifie que Washington accepte d’exclure le Liban des sanctions contre la Syrie qui interdisent toute transaction financière ou commerciale avec elle.

Washington impose des sanctions au régime syrien par le biais de la loi de César après que des milliers de photographies de détenus morts dans des centres de détention du régime syrien et les ont secrètement expulsés du pays en 2014 ont révélé l’ampleur des crimes attribués au régime d’Assad.

César est le pseudonyme d’un ancien photographe du Département de la documentation de la police militaire syrienne, qui a décidé de faire défection et a risqué sa vie pour faire passer en contrebande 53 275 photographies des corps de 6 786 détenus syriens, dont une femme, dans des centres de détention syriens.

Ses photographies ont été prises par César lui-même entre mai 2011 et août 2013 avant qu’il ne puisse les faire sortir de Syrie.

À la mi-juin 2020, une nouvelle série de sanctions est entrée en vigueur en vertu de la loi visant de nombreux membres de la famille du président syrien et de ses proches collaborateurs, dont son épouse Asma al-Assad.

Depuis son déclenchement en mars 2011, le conflit syrien a déplacé plus de la moitié de la population à l’intérieur et à l’extérieur du pays, dont plus de 5 millions et 500 000 réfugiés qui ont fui principalement vers les pays voisins enregistrés auprès du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).