SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 October 2021, Wednesday |

Procès d’un juge iranien en Suède et la condamnation pourrait affecter Raisi.

Le procès du juge iranien Hamid Nuri à Stockholm, accusé d’avoir participé aux exécutions de 1988 pour « crimes contre l’humanité », « violation du droit international » et « meurtre prémédité » pour son rôle dans les exécutions massives de milliers de prisonniers politiques dans les prisons iraniennes dans les années 1980, a débuté mardi à Stockholm.

Le juge a lu la liste des plaignants et des chefs d’accusation retenus contre l’ancien juge iranien, et il est censé lire des extraits de la liste de 8,000 pages des charges retenues contre Hamid Nouri, procureur adjoint de la prison de Goherdcht à Karj, à l’ouest de Téhéran, détaillant son rôle en tant que l’un des auteurs d’exécutions de masse au cours de l’été 1988 contre des milliers de membres et de partisans des Moujahidin du peuple et d’autres organisations de gauche.

Ibrahim Raisi « accusé principal »

Les procureurs du procès de Hamid Nouri ont déclaré que l’accusé était impliqué dans l’exécution d’opposants aux moujahidin, notant que Khomeiny avait ordonné l’exécution des opposants à l’époque.

Il a révélé que Hamid Nouri demandait aux accusés leur identité, puis les conduisait dans le couloir de la mort. « Le régime iranien devrait être jugé et Hamid Nouri n’était qu’un outil de mise en œuvre ».

Il a dit« Ibrahim Raisi est un accusé clé dans ce procès, et il a une responsabilité directe ».

Sur ordre de Khomeini.

Les exécutions ont été effectuées sur ordre de Ruhollah Khomeini, alors chef du régime iranien, après la formation d’un comité connu sous le nom de « Comité de la mort », composé de quatre membres: Ibrahim Raisi (l’actuel président iranien et procureur par intérim à l’époque), Mostafa Pourmohammadi (ancien ministre de la Justice et de l’Intérieur et représentant du ministère du Renseignement), Hussein Ali Nayeri (ancien procureur puis gouverneur de la charia) et Morteza Mashari (alors procureur de Téhéran).

Hamid Nouri, 60 ans, a été arrêté en novembre 2019 à l’aéroport international de Stockholm-Arlanda lors d’une visite en Suède, où il est depuis en détention provisoire.

Meurtre

Selon le ministère public suédois, « entre le 30 juillet 1988 et le 16 août, Hamid Nuri a été détenu à la prison de Kohardcht à Kraj, en Iran, en sa qualité de procureur adjoint … Le meurtre délibéré d’un trop grand nombre de prisonniers soutenant ou appartenant aux Moudjahidines du peuple » sur « l’arrêt de mort » de Khomeiny.

Trois audiences sont prévues cette semaine dans le cadre de ce long procès, qui devrait durer jusqu’en avril 2022. Des dizaines de témoins sont attendus.

Crimes de guerre

Nouri, alors procureur adjoint à la prison de Kohardcht dans la ville iranienne de Kraj, comparaît devant le tribunal pour « crimes de guerre » et « meurtres », sous la juridiction universelle de la justice suédoise sur ces accusations.

Anna Wester, de la Cour de Stockholm, a déclaré que le procès, qui a une dimension internationale, crée un précédent dans l’histoire des deux pays.

L’affaire est extrêmement sensible en Iran, car des militants accusent des responsables gouvernementaux actuels d’implication, comme le président élu iranien Ibrahim Raisi, qu’Amnesty International accuse d’être membre de la « commission de la mort » chargée d’exécuter des milliers de prisonniers en 1988 alors qu’il était procureur adjoint au tribunal révolutionnaire de Téhéran.

Raisi a précédemment nié toute implication dans ce dossier, mais a salué « l’ordre » de Khomeiny de mener à bien les procédures contre les personnes arrêtées.

30 plaintes

Depuis des années, les ONG de défense des droits humains, notamment Amnesty International, font campagne pour que justice soit faite dans ce qu’elles considèrent comme des exécutions sommaires de milliers d’Iraniens.

    la source :
  • alarabiya