SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 17 September 2021, Friday |

Qatar : notre reconnaissance des talibans ne sera pas immédiate

Le Qatar a estimé que le mouvement taliban afghan faisait preuve de « pragmatisme » et que ses actions devaient être jugées, puisqu’il est le seul responsable en Afghanistan, sans aller jusqu’à reconnaître officiellement le mouvement militant.

« C’est au peuple afghan, et non à la communauté internationale, de décider de son sort », a déclaré la ministre adjointe des Affaires étrangères, Lulwa Al-Khater, dans une interview exclusive à l’AFP.

Doha a joué le rôle de principal médiateur entre le mouvement, qui a ouvert un bureau politique au Qatar en 2013, et la communauté internationale, dont Washington, jusqu’à ce que le mouvement achève de contrôler le pays le mois dernier.

« Ils ont fait preuve de beaucoup de pragmatisme », a déclaré Al-Khater. Elle a ajouté : « Ils sont les véritables dirigeants. Il n’y a aucun doute là-dessus ».

Hier, mardi, les talibans ont annoncé le noyau de leur nouveau gouvernement, dirigé par le chef vétéran, qui figure sur une liste noire des Nations unies, le mollah Muhammad Hassan Akhund.

Al-Khater, porte-parole des autorités qataries sur la scène internationale, qui a dirigé la campagne médiatique liée à la stratégie de lutte contre le virus Corona, a parlé de « quelques bons signes » de la part des nouveaux dirigeants de l’Afghanistan.

Elle a souligné : « Le fait que de nombreuses personnes évacuées aient pu quitter Kaboul, y compris de nombreuses étudiantes, est important car sans leur coopération, cela n’aurait pas été possible. »

Elle a poursuivi : « La reconnaissance qatarie des talibans ne sera pas immédiate », expliquant : « Nous ne sommes pas pressés de reconnaître, mais en même temps nous ne cessons pas notre engagement avec les talibans (…) Nous prenons la voie intermédiaire. »

Mme Al-Khater a également fait remarquer que les talibans, depuis leur retour au pouvoir, ont largement laissé les autorités sanitaires afghanes, y compris les femmes, libres de poursuivre leur lutte contre le coronavirus.

Elle a souligné que la sortie de crise « passera par un processus de renforcement de la confiance, qui sera progressif. Mais nous devons fondamentalement répondre à toutes les mesures positives qu’ils (les talibans) ont prises en prenant des mesures positives de notre côté ».

Les appels des pays occidentaux et des organisations non gouvernementales pour que le mouvement respecte les droits des femmes et des minorités se sont intensifiés après leur soudaine prise de pouvoir.

« L’Afghanistan est un pays souverain (…) le peuple afghan doit avoir son mot à dire », a déclaré Al-Khater, ajoutant : « Lorsque nous parlons de la réponse de l’Afghanistan à la communauté internationale, cela ne signifie pas que la communauté internationale peut ou doit contrôler le destin du peuple afghan. »

    la source :
  • AFP