SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 12 August 2022, Friday |

Quelle sera la décision de la Réserve fédérale américaine mercredi prochain ?

La Réserve fédérale américaine espère pouvoir à nouveau ralentir l’inflation sans provoquer de contraction de l’économie, en anticipant l’approbation d’une hausse significative des taux d’intérêt directeurs, mercredi, mais équilibrer les deux approches sera un processus délicat.

« Ils veulent essayer de réaliser ce qu’ils appellent un ‘atterrissage en douceur’ en essayant d’éviter la déflation », explique à l’AFP Julie Smith, professeure d’économie à l’université Lafayette d’Eton, en Pennsylvanie.

« La question est de savoir s’ils peuvent y parvenir. C’est une question à laquelle il est difficile de répondre au stade actuel », a-t-elle ajouté.

Le Comité monétaire de la Banque centrale américaine tiendra une réunion mardi et mercredi, au cours de laquelle il approuvera une nouvelle hausse des taux d’intérêt, qui oscillent actuellement entre 1,50 et 1,75%.

Ce ralentissement délibéré de l’activité économique ne devrait pas cependant être assez sévère pour se répercuter négativement sur l’économie, en particulier sur le marché du travail.

« Je pense qu’une légère contraction avec un taux de chômage supérieur aux 3,7% que la banque centrale américaine prévoit pour 2022 sera nécessaire pour briser cette spirale inflationniste », a déclaré l’ancien vice-président de la Réserve fédérale Donald Kohn dans une interview à l’Agence France-Presse.

« Mais l’incertitude est énorme », a-t-il ajouté.

Un consensus semble se dégager sur l’hypothèse d’une hausse de trois quarts de point (75 points de base), égale à celle approuvée par le comité lors de sa dernière réunion à la mi-juin, et qui était la plus élevée depuis 1994.

Mais Julie Smith a déclaré : « Je pense qu’ils vont augmenter les taux de 75 points de base, mais la Fed pourrait encore nous surprendre (par un autre taux). »

Un membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve, Christopher Waller, a récemment évoqué la possibilité d’une hausse d’un point (100 points de base), ce qui serait sans précédent depuis les années 1980, lorsque le président de la Banque centrale, Paul Volcker, avait dû faire face à une inflation supérieure à 10 %.

Smith a estimé que les membres du Comité monétaire « vont probablement discuter » de cette hypothèse « simplement parce que les chiffres de l’inflation restent très mauvais aux États-Unis. »

Mais elle a estimé que « d’autres indicateurs indiquent que les précédentes hausses des taux d’intérêt sont susceptibles d’avoir un effet, au moins de ralentir la demande sur le marché immobilier. »

En effet, le marché immobilier a fortement ralenti en raison des prix exorbitants de l’immobilier et de la hausse des taux d’intérêt.

Cependant, les salariés reçoivent toujours des milliers d’offres d’emploi qui ne peuvent être pourvues, et la consommation reste élevée malgré le volume de vente important dû au taux d’inflation.

« Les données économiques récentes soutiennent une augmentation des taux d’intérêt de 75 points de base, bien qu’une augmentation de 100 points de base puisse être envisagée », a expliqué Kathy Postianic, responsable de l’économie chez Oxford Economics, dans une note.

Et elle a estimé que la solidité du marché du travail et de la consommation donne à la Réserve fédérale « la marge de manœuvre nécessaire pour continuer à augmenter rapidement le taux d’intérêt directeur. »

Et il a averti que la probabilité d’un « atterrissage en douceur » réussi diminue « avec la possibilité croissante de déflation. »

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a récemment souligné que pour y parvenir, il faut « des compétences et des opportunités », affirmant que l’économie américaine est en bonne position pour éviter la déflation.

Face à la hausse continue des prix des aliments, des logements, des voitures et autres aux États-Unis, la Réserve fédérale a augmenté progressivement ses principaux taux d’intérêt depuis le mois de mars.

Cette mesure, au vu de l’inflation qui a continué à s’accélérer en juin pour atteindre 9,1 % en rythme annuel, vise à rendre les prêts plus chers pour les familles comme pour les entreprises, afin de ralentir la consommation, et donc de relâcher la pression sur les prix.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’inflation a également incité la Banque centrale européenne à relever ses taux d’intérêt, jeudi, pour la première fois en plus d’une décennie, reconnaissant une hausse encore plus rapide que prévu d’un demi-point, mettant ainsi fin à l’ère des taux négatifs.

    la source :
  • AFP