SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 November 2022, Sunday |

Report du dossier de l’admission d’Israël à l’Union africaine

L’Union africaine a annoncé le report de la prise de position finale sur le dossier de l’octroi à Israël du statut de membre observateur de l’Union africaine, jusqu’à ce que le dossier soit présenté au sommet prévu par l’Union en février prochain.

C’est ce qu’a révélé le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, vendredi soir, dans des déclarations citées par les médias locaux, après la fin des travaux du Conseil exécutif de l’Union africaine, qui s’est tenu les 14 et 15 octobre.

Le 22 juillet, le ministère israélien des Affaires étrangères avait annoncé que son ambassadeur en Éthiopie, Admasu Al ali, avait présenté ses lettres de créance en tant que membre observateur auprès de l’Union africaine.

Selon M. Lamamra, le Conseil exécutif de l’Union africaine a étudié la question à la suggestion de l’Algérie et du Nigeria et a été soutenu par la majorité des ministres africains des affaires étrangères.

Après avoir examiné la décision de la Commission européenne d’accepter Israël comme membre observateur « irresponsable », il a assuré que les ministres africains des affaires étrangères avaient convenu de présenter la question au sommet des chefs d’État de l’UE en février prochain.

« Nous espérons que ce sommet sera un départ correct pour l’Afrique, digne de son histoire, et qu’il ne soutiendra pas une division irréversible à l’avenir », a-t-il ajouté.

Le 25 juillet, le ministère algérien des affaires étrangères a annoncé, dans un communiqué, son refus d’accepter Israël comme nouvel observateur au sein de l’union, soulignant que cette décision avait été « prise sans consultations ».

Plus tard, les médias arabes ont rapporté que 7 pays arabes avaient informé l’Union africaine de leur objection à sa décision d’accorder à Israël un statut d’observateur au sein de l’organisation continentale, une position avec laquelle la Ligue des États arabes a exprimé sa solidarité.

Et les médias ont rapporté que les ambassades de « l’Égypte, de l’Algérie, des Comores, de la Tunisie, de Djibouti, de la Mauritanie et de la Libye dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba (siège de l’Union), ont soumis une note verbale au président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, pour s’opposer à la décision d’accepter Israël comme membre observateur de l’Union », soulignant « le rejet de cette démarche ». Compte tenu du soutien de l’Union à la cause palestinienne. »

Les pays opposants ont estimé que la décision de rejoindre Israël au sein de l’organisation est une « transgression procédurale et politique inacceptable du président de son autorité exécutive », et une violation « des critères d’octroi du statut d’observateur et du système d’accréditation de l’Union africaine. »

Le reste des pays arabes membres de l’Union africaine, à savoir le Maroc, le Soudan et la Somalie, sont restés silencieux. L’Algérie et l’Afrique du Sud s’étaient opposées à cette démarche dès le début.

Par ailleurs, le texte de la lettre des sept pays, qui a également été signée par la Jordanie, le Koweït, le Qatar, la Palestine et le Yémen, en plus de la délégation de la Ligue des États arabes, exprime le rejet par ces pays de la mesure prise par le président de la Commission africaine le 22 juillet 2021, « sur une question politique et sensible sur laquelle l’Union a publié une déclaration. L’Union africaine a été aux plus hauts niveaux de décision en son sein, et depuis longtemps, des décisions claires qui expriment sa position ferme en faveur de la cause palestinienne, et est redevable des pratiques d’Israël sous toutes ses formes contre le peuple palestinien frère, qui contredisent l’intérêt suprême de l’Union, ses valeurs, ses idéaux et ses décisions. »

Les sept signataires de la lettre ont demandé que la question de l’acceptation de la demande d’adhésion d’Israël à l’Union africaine soit réinscrite « à la prochaine session des travaux du Conseil exécutif conformément au paragraphe 5 de la section deux de la deuxième partie des critères d’octroi du statut d’observateur », dans le cadre d’un effort arabe mené par l’Algérie et soutenu par l’Afrique du Sud, le Nigeria et d’autres pays africains pour annuler la décision d’admettre Israël en tant que membre observateur de l’union.

Bien que la décision d’accepter Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine soit une décision unique prise par la Commission de l’Union africaine, elle reflète le niveau d’intérêt d’Israël pour le continent africain et les percées qu’il a réalisées ces dernières années en termes de coopération avec quelques-uns de ses pays et de normalisation avec d’autres, notamment les pays arabes.

Israël a conclu des accords de normalisation avec le Maroc et le Soudan (2020), ainsi que l’établissement de relations diplomatiques avec le Tchad (2019), dont Moussa Faki a été Premier ministre en 2003-2005, et ministre des Affaires étrangères en 2008-2017, avant son élection à la présidence de la Commission de l’Union africaine en 2017.