SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 9 December 2022, Friday |

Saeed Khatibzadeh : l’Iran remarque le réalisme de l’Occident dans les pourparlers de Vienne

Lundi, l’Iran a confirmé, par le biais du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, qu’il avait commencé à percevoir une régression ou un « réalisme » occidental dans les discussions sur la relance de l’accord nucléaire, qui reprendront plus tard à Vienne.

Cependant, le porte-parole, Saeed Khatibzadeh, a estimé qu’il était encore trop tôt pour juger du sérieux des Etats-Unis dans la levée des sanctions imposées à l’Iran.

L’Iran et les parties encore à l’accord (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie et Chine), avec une participation indirecte des États-Unis, achèvent aujourd’hui le huitième cycle de discussions visant à relancer l’accord, dont Washington s’est unilatéralement retiré en 2018, réimposant de sévères sanctions à Téhéran.

« Aujourd’hui, nous constatons une rétractation, ou plutôt un réalisme, de la part de la partie occidentale dans les pourparlers de Vienne, qu’ils ne peuvent pas faire des demandes qui dépassent le cadre de l’accord nucléaire », a déclaré Khatibzadeh lors d’une conférence de presse.

Et il a poursuivi : « Il est encore trop tôt pour juger si les États-Unis et les trois pays européens ont sérieusement inclus à l’ordre du jour la volonté de s’engager dans la levée des sanctions. »

Le négociateur en chef de l’Iran, Ali Bagheri, est retourné lundi matin à Vienne, la capitale autrichienne, en vue de l’achèvement du huitième cycle de négociations, selon l’agence de presse officielle IRNA.

Aussi, Bagheri avait indiqué dans ses déclarations de jeudi, à la veille de la pause des négociateurs, que Téhéran avait constaté « des progrès relativement satisfaisants réalisés au cours des premiers jours du huitième round. »

« Nous espérons qu’après les jours de repos pour la fin de l’année en cours, des travaux plus sérieux seront poursuivis par les différentes parties sur la question de la levée des sanctions », a-t-il dit.

Les négociations de Vienne ont débuté en avril dernier, et six cycles ont été menés jusqu’en juin. Après une suspension d’environ cinq mois, les pourparlers ont repris à partir du 29 novembre.

Téhéran souligne la priorité de la levée des sanctions économiques imposées par Washington à la suite, et l’obtention de garanties que le retrait américain ne se reproduira pas.

De leur côté, les États-Unis et les parties européennes mettent l’accent sur l’importance du retour de l’Iran au plein respect de ses engagements dans le cadre de l’accord, qu’il a commencé à rétracter à partir de 2019, en réponse au retrait de Washington.

L’accord permettait la levée des sanctions économiques imposées à l’Iran, en échange de la limitation de ses activités nucléaires et de la pacification de son programme. Ses effets sont toutefois devenus nuls et non avenus depuis que l’ancien président américain Donald Trump a décidé d’en retirer unilatéralement son pays en 2018, réimposant de sévères sanctions.

Le président Joe Biden, qui a succédé à Trump début 2021, a exprimé sa volonté de faire revenir son pays dans l’accord nucléaire, mais à condition que Téhéran se conforme à nouveau à ses inclusions.