SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 2 December 2022, Friday |

« Tolérance zéro » : Un nouveau plan de l’OMS pour lutter contre les abus sexuels

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se prépare à lancer un plan d’action promettant une « tolérance zéro » pour les abus sexuels après que des membres de son personnel ont été impliqués dans des abus similaires en République démocratique du Congo, a révélé vendredi l’Organisation mondiale de la santé à l’ONU.

Cette décision intervient après que les principaux pays donateurs ont exercé une pression publique sur l’Organisation mondiale de la santé. Dans une déclaration rare, des dizaines de pays ont exigé un « engagement total » sur le sujet.

Et le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a révélé son plan jeudi aux États membres.

« Hier, le directeur général a soumis un projet de plan de réponse aux États membres afin de recueillir leurs commentaires et réactions », a indiqué vendredi à l’AFP l’Organisation mondiale de la santé, précisant que le document final serait publié dans « les prochains jours ».

En outre, le 28 septembre, une commission d’enquête indépendante a publié un rapport choquant qui révèle que 21 employés de l’Organisation mondiale de la santé font partie des 83 auteurs d’abus sexuels présumés contre des dizaines de personnes en République démocratique du Congo pendant l’épidémie d’Ebola entre 2018 et 2020.

L’OMS a déclaré que le plan d’intervention « prévoit des actions immédiates, à moyen et à long terme pour remédier aux déficiences identifiées dans le rapport ».

Elle a également expliqué que le plan met l’accent sur plusieurs points visant à « placer les victimes au centre de la prévention et de la réponse aux agressions sexuelles » et à « renforcer les responsabilités individuelles et administratives. »

De plus, le document vise à « réformer la culture, les structures et les systèmes de l’Organisation mondiale de la santé, afin de créer une culture dans laquelle il n’y a pas de place pour l’exploitation et les abus sexuels, et pas de place pour l’impunité. »

Le Dr Tedros, qui a le soutien de la majorité des pays européens pour concourir à un second mandat en 2022, avait exprimé ses « regrets » pour les victimes et promis des « conséquences graves » pour les auteurs des violations immédiatement après la publication du rapport.

Aussi, l’Organisation mondiale de la santé s’est engagée à mettre en œuvre les recommandations du comité d’enquête et à licencier les fonctionnaires impliqués dans les violations, ainsi que les fonctionnaires qui auraient dû intervenir et n’ont pas bougé le petit doigt.

Dès la publication du rapport, l’organisation a mis fin aux contrats de quatre des 21 personnes directement impliquées et toujours en poste, et deux hauts fonctionnaires ont été placés en congé administratif.