SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 30 September 2022, Friday |

Un ancien officier supérieur: les services de renseignement espagnols étaient à l’origine de l’attentat de Barcelone

Lors de son procès, un ancien haut gradé de la police espagnole a fait exploser une bombe de gros calibre, accusant le Service national de renseignement d’être à l’origine d’une série d’attentats en Catalogne en 2017.

Plus tôt cette semaine, lors de sa comparution devant le Tribunal national espagnol, l’ancien responsable de la police, Jose Manuel Villarejo, a exprimé sa conviction que les attentats qui ont secoué Barcelone et d’autres villes de Catalogne le 17 août (et revendiqués par l’Etat islamique) ont été orchestrés par le National Intelligence dans le but de saper la stabilité dans la région avant le référendum sur son indépendance de l’Espagne, et que 16 personnes ont été tuées à la suite de ces attaques, à la suite d’erreurs d’estimation.

Villarejo a qualifié les attentats du 17 août 2017, dont un attentat sanglant qui a fait 13 morts et plus de 100 blessés à Barcelone, de « grave erreur » commise par l’ancien directeur du Centre de renseignement national (CNI), Vélez Sanz Roldan.

L’ancien responsable a déclaré que Roldan voulait « effrayer » la Catalogne dans le contexte de l’approche de la date du référendum, organisé début octobre 2017, mais il s’est trompé dans l’évaluation des conséquences de ses actes.

Villarejo a déclaré qu’il avait tenté de « réparer le chaos » laissé par les attaques catalanes.

Villarejo a été à l’honneur ces dernières années pour avoir divulgué des enregistrements de conversations privées avec de grandes personnalités.

Cela a notamment conduit le procureur suisse à ouvrir une enquête sur les allégations selon lesquelles l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos Ier aurait reçu 100 millions de dollars de l’Arabie saoudite en 2008.

Villarejo a déjà passé plus de trois ans (de novembre 2017 à mars 2021) derrière les barreaux pour des crimes tout en menant des opérations secrètes en coordination avec le Centre national de renseignement, et il fait actuellement face à d’autres accusations d’avoir commis une trentaine de crimes, y compris le blanchiment d’argent et la prise pots-de-vin.

Les récents aveux de Villarejo ont suscité un large écho en Catalogne et incité de hauts responsables de la région, dirigés par son président, Pierre Aragones, à exiger une enquête sur ces allégations.

Les autorités catalanes demandent depuis des années d’enquêter sur les informations selon lesquelles l’imam marocain Abdelbaki Essti, le cerveau de l’attentat de Barcelone, aurait été recruté par le Centre national de renseignement espagnol.