SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 23 October 2021, Saturday |

Un effondrement brutal du riyal yéménite… et des mises en garde contre le fait que la famine fait « partie de la réalité du pays »

Jusqu’à aujourd’hui, les institutions de l’État à Sanaa, sous le contrôle de la milice du coup d’État des Houthis, n’ont pas été en mesure de relever le moindre indice du déficit qui frappe le Yémen.

Où le riyal yéménite continue de s’effondrer, enregistrant une forte détérioration record de sa valeur, avec des avertissements d’une nouvelle crise à l’intérieur du pays embourbé dans une guerre qui l’a mis au bord d’une famine majeure.

Le taux de change à Aden s’élevait à 1007 riyals yéménites pour un dollar, soit le taux le plus élevé depuis le début du conflit en 2014, tandis qu’un dollar à Sanaa et dans les zones contrôlées par les Houthis équivaut à environ 600 riyals, ont indiqué mardi à l’AFP des sources bancaires.

Une source de la Banque centrale du Yémen dans la capitale temporaire du gouvernement yéménite, Aden, a annoncé le début d’une campagne lundi pour « arrêter la détérioration de la valeur du riyal après qu’il ait franchi la barrière des 1 000 dollars dimanche », dans un contexte de mécontentement populaire généralisé et de hausse sans précédent des prix des denrées alimentaires.

Le responsable a confirmé que « les équipes d’inspection du Yémen central coopèrent avec le ministère public et la police dans le cadre d’une vaste campagne contre les manipulateurs de taux de change afin de mettre fin à la spéculation sur les devises et d’arrêter les contrevenants et ceux qui ont provoqué la détérioration de la valeur du riyal par rapport aux devises étrangères ».

Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est le théâtre d’une guerre dévastatrice entre le gouvernement et les rebelles houthis depuis 2014, qui a entraîné une crise humanitaire majeure.

Et en mars dernier, le Programme des Nations unies pour le développement a averti que la famine pourrait devenir « une partie de la réalité du Yémen » en 2021, après qu’une conférence des donateurs se soit engagée à fournir moins de la moitié des fonds nécessaires pour poursuivre le travail des programmes d’aide.

Selon les Nations unies, la famine au Yémen est en grande partie liée aux revenus, et pas nécessairement une situation où il n’y a pas de nourriture.

Plus de 100 pays, cibles et donateurs ont participé à la conférence, qui était organisée par la Suède et la Suisse. Les Nations unies demandaient 3,85 milliards, mais les promesses de dons n’ont finalement atteint que 1,7 milliard de dollars.

Le gouvernement reconnu par la communauté internationale dirige la Banque centrale du Yémen depuis Aden depuis 2016, accuse les rebelles d’utiliser l’argent de la banque pour se financer, ce que les Houthis ont démenti.

Le transfert des opérations de la Banque centrale à Aden a conduit à l’existence de deux centres financiers traitant la même monnaie, le premier dans la ville du sud, et le second à Sanaa.

Le directeur du Centre d’études et des médias économiques au Yémen, Mustafa Nasr, estime que « les raisons de l’effondrement ont des dimensions politiques, sécuritaires et économiques », faisant référence aux batailles en cours entre les rebelles Houthis et le gouvernement internationalement reconnu dans plusieurs régions du Yémen, en plus des différences politiques dans les rangs du gouvernement yéménite.

« Trouver une politique monétaire unifiée est une priorité importante pour atteindre la stabilité du riyal yéménite, et la poursuite de plus de doubles décisions va exacerber la situation tant que l’état de guerre se poursuit », a déclaré M. Nasr à l’AFP.

La lutte pour le pouvoir a causé la mort de dizaines de milliers de personnes, dont un grand nombre de civils, selon les organisations humanitaires, notamment depuis le début des opérations de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre les rebelles pour stopper leur avancée au Yémen, voisin du royaume en mars 2015.

    la source :
  • AFP