SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 9 December 2022, Friday |

Un nouveau bilan des manifestations en Iran

Des manifestations ont eu lieu en Iran pour la troisième semaine consécutive, dénonçant le meurtre d’une femme kurde alors qu’elle était détenue par la police des mœurs.

Au moins 41 personnes ont été tuées par les forces de sécurité iraniennes lors d’affrontements qui ont eu lieu vendredi à Zahedan, dans la province du Sistan-Baloutchestan, dans le sud-ouest de l’Iran, selon ce qu’a annoncé dimanche l’Organisation des droits de l’homme en Iran, basée à Oslo.

L’organisation non gouvernementale a accusé les forces de sécurité de mener une « répression sanglante » contre une manifestation qui s’est déroulée après la prière du vendredi à Zahedan, à la suite d’informations selon lesquelles un chef de police de Chabahar aurait violé une jeune fille de 15 ans appartenant à la minorité sunnite baloutche.

Selon un nouveau bilan annoncé par l’Organisation des droits de l’homme en Iran, plus de 92 personnes ont été tuées en Iran au cours de deux semaines de protestations contre le meurtre de la jeune femme, Mahsa Amini, après son arrestation par la police des mœurs.

« Il est du devoir de la communauté internationale d’enquêter et d’empêcher la République islamique de commettre d’autres crimes », a déclaré le directeur de l’organisation, Mahmoud Amiri Moghadam, selon l’ « AFP ».

Le dernier bilan fait état de la mort de 83 personnes.

D’autre part, cinq membres des Gardiens de la révolution ont été tués lors d’affrontements dans la province du Sistan-Baloutchestan (sud-est), vendredi, selon un nouveau bilan rapporté dimanche par les médias officiels.

Les médias iraniens avaient précédemment rapporté qu’une vingtaine de personnes, dont quatre membres des forces de sécurité, avaient été tuées dans des affrontements avec des « terroristes » à Zahedan, centre de la province frontalière avec l’Afghanistan et le Pakistan, selon « AFP ».

Les affrontements ont eu lieu dans le Sistan et le Baloutchistan, qui ont souvent été le théâtre de confrontations entre les forces de sécurité et les groupes extrémistes, à un moment où les villes iraniennes connaissent des mouvements de protestation suite à la mort d’Amini.

Les manifestants se sont rassemblés samedi dans tout l’Iran, alors que les manifestations qui ont éclaté après la mort d’Amini sont entrées dans leur troisième semaine.

Les protestations qui ont éclaté après le meurtre de la jeune femme de 22 ans originaire du Kurdistan iranien se sont transformées en les plus grandes manifestations contre les autorités religieuses iraniennes depuis 2019, selon « Reuters ».

Les protestations ont commencé lors des funérailles d’Amini, le 17 septembre, et se sont étendues à 31 provinces iraniennes, avec la participation de tous les segments de la société, y compris les minorités ethniques et religieuses.