SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 5 December 2022, Monday |

Une nouvelle évolution dans les manifestations en Iran

Alors que les manifestations qui ont balayé l’Iran après le meurtre de la jeune femme Mahsa Amini approchent de leur deuxième mois, les manifestants, en particulier les jeunes, continuent de défier les autorités par tous les moyens, malgré les menaces et les mesures de répression.

Bien que le pays ait connu plusieurs manifestations au cours des deux dernières décennies, le mouvement actuel a régulièrement brisé les tabous.

Ces protestations ont donné lieu à une myriade de tactiques différentes, de nombreux observateurs soulignant la nouvelle tendance des jeunes hommes à retirer les turbans des têtes des religieux dans les rues, en référence au rejet du contrôle des religieux sur la gouvernance du pays, le destin des gens, leur habillement et leurs idées.

Des centaines de photos, qui se sont répandues sur les médias sociaux au cours des dernières semaines, montraient des peintures murales du Guide suprême Ali Khamenei et de son prédécesseur, Ruhollah Khomeini, peintes en rouge dans la ville sainte de Qom.

De même, les funérailles de détenus arrêtés par les autorités pendant les manifestations, mais décédés par la suite, ou abattus par les forces de sécurité lors de manifestations dans les rues et les universités, se sont transformées en stations de défiance à l’égard des autorités.

Les cérémonies de deuil… Des cris de défiance

Les cérémonies de deuil (après 40 jours) après la mort d’une personne à la suite de la répression se transforment en un foyer de protestation, selon l’AFP.

La dernière preuve en date de ce problème est peut-être ce à quoi la ville principale de Sanandaj, dans la province du Kurdistan (nord-ouest), a assisté lundi dernier, lors des funérailles de Sarina Saeedi, la jeune fille de 16 ans qui a été tuée pendant les mouvements de protestation.

Ses funérailles se sont transformées en une manifestation au cours de laquelle les participants ont scandé des slogans hostiles au régime, tandis que les femmes ont retiré leur foulard, selon l’organisation de défense des droits de l’homme, basée en Norvège.

Des cris de « Mort au dictateur » ont également été entendus en référence à Khamenei.

De même, les grèves des étudiants universitaires dans la capitale, Téhéran, se sont transformées en moments de défi au gouvernement, les participants criant « Mort au dictateur » ou « Vos mains sont couvertes de sang », et « Je tuerai celui qui tue mon frère ! ».