SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 7 August 2022, Sunday |

« Après Michel Aoun »…Washington surveille les prochains mois au Liban

Le département d’État américain n’a pas annoncé la date de la visite de son envoyé pour les affaires énergétiques, Amos Hochstein, au Liban, bien que plus d’une partie au Liban ait confirmé que l’envoyé américain reviendra dans le cadre d’un nouveau cycle de médiation entre le Liban et Israël, et qu’il existe des indications sérieuses de progrès dans le dossier de la répartition des champs énergétiques en mer méditerranée.

la stabilité d’abord

Il ne serait jamais surprenant que Hochstein ne revienne pas ou soit en retard, d’autant plus que les trois parties, à savoir le gouvernement libanais, Israël et les États-Unis, traitent en pratique avec une partie non officielle, le Hezbollah, et que c’est lui qui contrôle le fait d’aller aux négociations ou de s’en retirer, et qui contrôle les termes de la négociation, ou qui suggère des conditions difficiles et faciles.

La seule chose positive est que l’administration américaine n’a pas encore abandonné, et insiste pour dire qu’elle est prête à revenir à la médiation, et la raison derrière cette positivité, selon les sources du gouvernement américain, est que la stabilité et la prévention de l’escalade sont deux objectifs principaux de l’administration américaine actuelle, et l’administration du président Joe Biden ne veut aucune escalade aux frontières des pays du Moyen-Orient, mais plutôt ils veulent faire tous les efforts pour maintenir ce calme, et ils croient que toute vibration de sécurité ou de stabilité n’apportera pas de résultats ou ne mènera à aucune solution.

La FINUL

L’administration américaine a commencé à se pencher sur une date importante concernant le Liban et Israël, à savoir le renouvellement des forces internationales opérant au Sud-Liban dans les prochaines semaines. L’administration ne suggère pas encore de volonté de modifier la mission, et ne veut pas imposer de conditions supplémentaires pour améliorer le travail de la force internationale.

Un porte-parole du département d’État américain a déclaré dans des déclarations à Al-Arabiya : « Les États-Unis soutiennent les forces internationales qui opèrent au Liban. » Il a ajouté que les États-Unis « apprécient hautement les efforts de la FINUL pour réduire les tensions le long de la Ligne bleue, y compris par le biais du mécanisme tripartite », ce qui est une référence au parrainage par les Nations unies des contacts entre les forces militaires israéliennes et libanaises.

Un porte-parole du département d’État américain a confirmé à Al-Arabiya que « les États-Unis restent très préoccupés par les organisations qui ne sont pas affiliées à l’autorité du gouvernement et qui continuent d’empêcher la FINUL de remplir sa mission et d’attaquer et d’émeuter les forces de maintien de la paix, ainsi que de violer publiquement l’embargo sur les armes stipulé dans la résolution 1701. »

Ce discours américain, qui est directement lié aux pratiques du Hezbollah au Sud-Liban et aux frontières terrestres et maritimes, semble clair, mais tout indique que les Américains ne sont pas en train de durcir leurs exigences envers le gouvernement libanais, et qu’ils ne feront aucun changement ni aucune menace à New York dans les semaines à venir. Cela nuit à la mission des forces internationales. Washington n’est pas intéressé à faire des efforts diplomatiques inutiles, tout comme il n’est pas intéressé à provoquer l’instabilité au Liban et dans les environs.

La stagnation libanaise

Les Américains considèrent désormais le Liban sous deux angles : le premier est qu’il est plein de mouvement. Ils sont satisfaits que les élections libanaises aient eu lieu, que le Parlement soit présent et qu’il ait acquis sa légitimité à temps. Ils voient également que le gouvernement libanais cherche activement à obtenir « quelques réalisations réelles, même si ce gouvernement est un gouvernement intérimaire et non un gouvernement qui jouit de la confiance de la Chambre des représentants », selon des sources gouvernementales américaines.

L’autre perspective est celle de la stagnation, et les Américains notent clairement qu’il y a de nombreuses questions en suspens, y compris le dossier de l’énergie de l’Egypte à la Syrie en passant par la Jordanie, qui est pratiquement suspendu parce que le gouvernement actuel du Liban n’est pas en mesure de répondre aux conditions du Fonds monétaire international, et qu’il ne peut pas encore introduire les réformes requises en termes de prévention de la corruption et de vérification du recouvrement, et qu’il pourrait ne pas être en mesure de respecter les conditions requises pour empêcher le régime syrien de bénéficier de ce projet pour se financer.

Une vision à long terme

En parlant avec des sources gouvernementales américaines, il semble clair que Washington a commencé à considérer les mois à venir comme une période d’attente, et il ne voit pas que quelque chose puisse arriver avant que l’actuel président de la République libanaise, Michel Aoun, quitte la présidence.

Les Américains espèrent que la fin de cette année marquera le début d’une nouvelle phase au Liban, où le chef de l’État libanais sera quelqu’un d’autre que Michel Aoun, et où un nouveau gouvernement sera formé, qui s’engagera à réaliser des réformes radicales au sein du gouvernement libanais et des structures sectorielles, et qui mettra en œuvre de grands projets pour résoudre les problèmes économiques, financiers et de vie des Libanais.

Il s’agit d’un tableau optimiste dressé par les Américains, et l’on remarque qu’ils ne parlent pas des personnalités qui souhaitent devenir le symbole de la prochaine ère, mais plutôt du fait que ce qu’il faut, c’est envisager la chose à long terme et non la phase d’attente actuelle.

    la source :
  • alarabiya