SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 19 September 2021, Sunday |

Comment le Hezbollah va-t-il bénéficier du ministère des travaux publics ?

Aujourd’hui, la première session du nouveau gouvernement s’est tenue au palais de Baabda, et c’est la première fois que le gouvernement se réunit dans son intégralité après un vide gouvernemental de 13 mois.

Le Conseil des ministres devrait former un comité chargé de préparer la déclaration qu’il soumettra à la Chambre des représentants afin d’obtenir sa confiance le plus rapidement possible, alors que le gouvernement cherche à faire face au grave effondrement économique auquel le pays est confronté.

Bien que la plupart des ministres de ce gouvernement n’appartiennent publiquement et officiellement à aucun courant politique, leurs noms proviennent de chefs de partis et de dirigeants politiques éminents, ce qui s’est traduit par des « batailles » politiques pour les quotas et les ministères et a été une raison majeure pour retarder la naissance du gouvernement. Donc, extérieurement, les gens voient que le gouvernement a été formé par des ministres compétents et expérimentés, tandis que son intérieur est politique, reflétant la carte de la répartition des forces politiques au pouvoir dans le pays.

Dans le contexte, par exemple, apparaît le ministère des Travaux publics et des Transports, qui a été saisi par le Hezbollah très tôt (au profit du ministre Ali Hamiyeh) avec le début des consultations gouvernementales depuis la démission du gouvernement de Hassan Diab il y a plus d’un an après l’explosion du port de Beyrouth, en passant par la désignation de l’ambassadeur Mustapha Adib, puis Saad Hariri, jusqu’à la désignation de Mikati.

Un ministère des services

Le ministère des Travaux publics est l’un des ministères des services les plus importants et a toujours été un champ de bataille entre de nombreuses forces politiques pour l’obtenir, car il alloue un énorme budget annuel et exerce une autorité de tutelle sur les ports terrestres, maritimes et aériens.

Le Hezbollah entretient une relation d’ « intérêt » avec ce ministère depuis qu’il fait partie de ses alliés politiques ces dernières années, puisque le Trésor américain a imposé il y a un an, précisément, des sanctions économiques à l’ancien ministre des Travaux publics, Youssef Fenianos, qui est affilié au « Mouvement Marada », l’allié le plus important du parti, pour avoir « facilité le travail du Hezbollah », parce qu’il a « facilité le travail de ce dernier et lui ont obtenu des contrats gouvernementaux d’une valeur de plusieurs millions de dollars. »

Une semaine après l’inscription de Fenianos sur la liste des sanctions, le Trésor américain a placé « Arch » et « Mimar » sur la liste noire, et ils font partie de plusieurs sociétés affiliées au Conseil exécutif du Hezbollah, qui depuis 2019 s’est associé au Hezbollah et à Fenianos, pour s’assurer qu’ils remportent des appels d’offres pour des contrats du gouvernement libanais valant des millions de dollars.

3 raisons

Le professeur de relations internationales, le Dr Khaled Al-Ezzi, a déclaré à Al-Arabiya.net : « Le Hezbollah a insisté sur le ministère des Travaux pour trois raisons : superviser le plan de reconstruction du port de Beyrouth, qui est sous l’autorité du ministère, et renforcer son contrôle sur l’aéroport de Beyrouth, qu’il utilise pour des opérations de contrebande, ainsi que sur les passages. frontière officielle. »

En plus de ces raisons liées à la « garantie » des lignes de « contrebande » à travers les ports publics sous la supervision du ministère des travaux, il semble que l’adhésion du Hezbollah au ministère des travaux soit également liée au processus électoral en mai 2022 comme prévu.

Asphalte à des fins électorales

Al-Ezzi a souligné que « Hezbollah voulait ce ministère afin de distribuer l’asphalte aux électeurs, en particulier dans son environnement qui témoigne d’une agitation et d’une colère à l’égard de ses politiques et le tient pour responsable des crises économique et de vie auxquelles le pays est confronté, ce qui n’a pas été le cas au Liban depuis la fin de la guerre à la fin des années 90 du siècle dernier ».

Il a également estimé que « le Hezbollah a perdu sa crédibilité au sein de son environnement pour de nombreuses raisons, dont la dernière est la crise du carburant dont souffrent la plupart des Libanais, en particulier ceux qui lui sont affiliés. C’est pourquoi, par le biais du ministère des Travaux publics, il veut se remettre à flot dans son environnement. »

Lors des deux derniers gouvernements, celui de Hariri puis celui de Diab, selon le porte-parole, le Hezbollah a pris le contrôle du ministère de la Santé et l’a transféré pour financer ses institutions de santé et ses hôpitaux. Il a également autorisé l’importation de médicaments iraniens et syriens au Liban sans respecter les normes sanitaires et juridiques nécessaires.

Recrutement et transactions

Pour sa part, l’écrivain et professeur d’université Mona Fayyad a estimé : « Après que le Hezbollah ait établi sa présence au ministère de la Santé en employant un certain nombre de personnes qui lui sont affiliées, puis qu’il ait introduit le médicament iranien sur le marché libanais, contrairement aux conditions et aux lois en vigueur, il s’est déplacé aujourd’hui au ministère des Travaux afin de bénéficier des grands projets liés aux travaux d’infrastructure, notamment l’extension des réseaux de communication au sein des municipalités. »

Dans une déclaration à Al-Arabiya.net, elle a déclaré : « Le ministère des Travaux publics est responsable des ports publics et des passages officiels au Liban,Hezbollah veut donc être en contact direct et « officiel » avec eux, d’autant plus que son nom y a été associé après la révolte du 17 octobre 2019, jusqu’à l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020″.

En outre, selon Fayad, « le Hezbollah voulait que ce ministère soit au courant de l’accord de livraison de gaz naturel égyptien au Liban via la Jordanie et la Syrie, où le ministère des Travaux est censé superviser le processus d’importation. »

    la source :
  • alarabiya