SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 24 October 2021, Sunday |

Des chiffres choquants… L’inflation des prix des matériaux de base au Liban atteint des niveaux sans précédent

Les répercussions de la crise économique au Liban continuent de s’aggraver chaque jour, en raison de la hausse du taux de change du dollar et des défis de l’épidémie de « Corona », ce qui se reflète très négativement sur la capacité du citoyen libanais à assurer les exigences d’une vie sûre.

Dans son dernier rapport, l’Observatoire de la crise de l’Université américaine a mis en garde contre les indicateurs négatifs que le volume élevé de l’inflation a imposé aux prix des produits de base au Liban.

L’observatoire a indiqué que l’inflation des prix des produits alimentaires de base au Liban continue d’atteindre des niveaux sans précédent, les prix des produits de base nécessaires aux familles ayant enregistré une augmentation remarquable au cours de la dernière semaine de juin 2021, sur la base des tableaux de prix du ministère de l’économie et du commerce et de leur suivi hebdomadaire par les chercheurs de l’observatoire.

En suivant les prix de certaines de ces denrées, il est possible de discerner les augmentations importantes du coût des aliments et des besoins de base. Le prix de l’huile de tournesol a augmenté de plus de 1 100 % depuis l’été 2019, c’est-à-dire avant que l’effondrement financier et économique se produise, tandis que le prix du bœuf a augmenté de 627 % et celui du riz ordinaire de 545 %. Quant au prix des œufs, il a augmenté de 450 %, et le prix du yaourt a doublé de 275 %.

Selon une simulation des prix des aliments en juin 2021, un déjeuner ou un dîner normal composé d’une salade, d’une soupe et d’un plat principal (riz et poulet), pour une famille de cinq personnes, a été estimé à 71 000 livres libanaises par jour, sans compter tout type de fruit ni le coût de l’eau, du gaz, de l’électricité et des produits de nettoyage. Sur la base de ces estimations, on s’attend à ce que la famille dépense environ 2.130.000 LBP. (Deux millions cent trente mille LBP) pour un repas principal pendant un mois, ce qui représente environ trois fois (3,16) le salaire minimum. Ensuite, au minimum, la majorité des familles au Liban trouveront (72%) – dont le revenu ne dépasse pas 2.400.000 LBP. (Deux millions et quatre cent mille LBP) par mois – Difficulté à assurer leur subsistance au minimum requis, sur la base des chiffres du revenu des familles, selon le rapport du département central des statistiques pour l’année 2019.

La forte inflation des prix alimentaires est liée à la détérioration du taux de change de la livre libanaise par rapport au dollar américain, la monnaie nationale ayant perdu plus de 95 % de sa valeur en moins de deux ans. On s’attend à ce que cette inflation se poursuive, avec la perspective d’une nouvelle baisse de sa valeur dans les mois à venir, étant donné que le Liban importe la plupart de ses besoins alimentaires à partir de produits de base ou de matières premières provenant de l’étranger.

Le fait de parler de l’insécurité alimentaire de la population libanaise devient une réalité difficile. Les chiffres du rapport de l’UNICEF indiquent que 30 % des enfants libanais dorment l’estomac vide, un fait douloureux que le Liban n’a pas encore atteint les profondeurs de la crise grave.

Que faire ?

Face à l’absence de décision politique, à la « stagnation voulue » et à l’accélération de l’effondrement, ainsi qu’au retard injustifié dans le lancement de programmes destinés à aider les pauvres et à atténuer l’impact de la crise sur eux, il ne reste plus, pour la prochaine étape, que la solidarité des gens entre eux au niveau des villes, des villages et des quartiers des villes, jusqu’à ce que la tempête de la crise passe.