SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 21 October 2021, Thursday |

Elie Rizk : Les relations libano-saoudiennes se détérioreront si deux questions essentielles ne sont pas abordées

Après la formation du gouvernement du Premier ministre Najib Mikati et l’obtention de la confiance de la majorité du Parlement, les contacts se sont intensifiés entre Beyrouth et Riyad, alors que certains hommes d’affaires libanais tentent de faire bouger le Haut Comité libano-saoudien, qui devait se réunir fin 2019 si la situation économique et politique au Liban n’avait pas explosé…. Devant le Comité 22 projets d’accord incluant tous les secteurs et contribuant à renforcer les relations entre les deux pays.

Le chef de l’Autorité de développement des relations entre le Liban et le Golfe, Elie Rizk, ne s’est pas montré optimiste quant au rétablissement de l’activité de la commission mixte. Dans une interview accordée à Al Markaziya, il a déclaré : La question dépend du retour à des relations normales entre le gouvernement libanais et le Royaume d’Arabie saoudite, et cela n’est pas disponible à l’heure actuelle, car jusqu’à présent le Royaume n’a pas été rassuré sur les mesures pratiques que le gouvernement libanais devrait prendre :

Premièrement : Empêcher que le Liban soit utilisé comme point de passage pour la contrebande de drogue vers le Royaume.

Deuxièmement : La participation du « Hezbollah » en tant que composante essentielle du gouvernement, alors que l’Arabie saoudite l’accuse d’entraîner les Houthis et de les aider à lancer leurs attaques contre le royaume.

Il a ajouté : Par conséquent, à la lumière de ces faits, il n’y aura pas de développement au niveau des relations libano-saoudiennes. Au contraire, les choses vont empirer.

Deux facteurs d’obstruction

Concernant la mesure dans laquelle le Premier ministre Najib Mikati a réussi à ramener les relations libano-saoudiennes à la normale, M. Rizk a déclaré : Le président Mikati a commis un péché majeur lorsqu’il a annoncé son désir de demander à l’Arabie saoudite de fournir une aide au Liban sans assortir cette demande de promesses, de plans et de vision sur la manière de traiter la question de la contrebande de drogue du Liban vers l’Arabie saoudite, car cette question affecte grandement la sécurité saoudienne, et d’autre part, comment son gouvernement va-t-il traiter avec un parti libanais que le Royaume accuse d’entraîner les Houthis à attaquer ses terres, ce qui a contribué à rendre les relations entre le Liban et l’Arabie saoudite plus tendues, ce qui a poussé le Royaume à convoquer son ambassadeur au Liban pour des consultations.

Et si la position du président Mikati concernant l’entrée du pétrole iranien au Liban par la frontière syrienne ne suffit pas à gagner l’affection du royaume, M. Rizk a déclaré : Il ne suffit pas d’exprimer la tristesse. C’est un gouvernement exécutif qui doit prendre des mesures… Mais nous ne nions pas que le gouvernement est « entre deux feux » concernant les capacités militaires et sécuritaires du Hezbollah et la difficulté de l’affronter… Mais au moins, le premier ministre n’aurait pas dû annoncer une demande d’aide à l’Arabie Saoudite ! Car cette démarche a provoqué la colère du Royaume du Liban, et les Saoudiens ont lancé le hashtag « la campagne populaire pour boycotter le Liban » et non « boycotter les produits libanais. »

Une médiation franco-américaine ?

Et en réponse à la question de savoir si les ambassadrices américaines et françaises, qui étaient actives avant la formation du gouvernement en direction de l’Arabie Saoudite pour aider à la formation, sont prêtes à reprendre les rencontres avec l’Arabie Saoudite pour obtenir une aide au Liban, il a déclaré : La partie saoudienne a été ferme lors de ses rencontres avec les deux ambassadrices, par son refus catégorique de fournir toute aide au Liban et à l’armée libanaise, tant qu’il y a le « Hezbollah » qui contrôle le gouvernement libanais, et tant qu’il y a une exportation de drogues qui viennent du Liban.

    la source :
  • Almarkazia