SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 29 November 2022, Tuesday |

La démission de Kordahi n’est pas suffisante… Libérer la décision du contrôle du Hezbollah

L’Arabie saoudite ne cache pas que la crise diplomatique qui a éclaté aujourd’hui entre elle et Beyrouth ne se cache pas derrière les déclarations du ministre de l’Information George Kordahi. Au contraire, les propos de ce dernier ont été la cause directe qui a conduit à son explosion, rien de plus.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères l’a clairement dit hier, lorsque le prince Faisal bin Farhan a indiqué dans une interview à « CNBC » que ce qui se passe entre l’Arabie saoudite et le Liban n’est pas une crise diplomatique, mais plutôt « un résultat auquel nous sommes parvenus au Royaume d’Arabie saoudite, à savoir que traiter avec le gouvernement actuel du Liban est improductif et inutile à la lumière de la domination continue du Hezbollah sur la scène politique ». Bin Farhan a souligné que « ce qui se passe est plus qu’un simple commentaire d’un ministre, mais est causé par la réalité de la scène politique au Liban, qui est dominée par le Hezbollah, qui représente un groupe terroriste armé qui fournit des armes aux milices des Houthis et les entraîne. »

D’ici, des sources politiques disent à Al-Markaziya que celui qui pense que la solution à la crise actuelle pourrait être la démission du ministre Kordahi, fait un mauvais calcul et une lecture très superficielle des choses. L’isolement auquel nous sommes tombés aujourd’hui, et dont le cercle s’élargira si les gouvernants ne se dépêchent pas de prendre les grandes décisions qu’ils doivent prendre, n’est pas causé par le rapprochement de Kordahi avec les Houthis et son soutien à la faction qui frappe quotidiennement des cibles dans le royaume par le biais des droness, mais plutôt par « le gouvernant » dans l’ensemble au Liban. Le Hezbollah contrôle tout dans le pays et place les institutions constitutionnelles qui ne lui sont pas directement subordonnées sous la garde de ses alliés, au sein desquels ils appliquent son agenda et s’opposent à toute décision susceptible de le déranger.

De plus, les effets ou les répercussions de cette combinaison ne se limitent pas au liban, mais ont atteint et leurs résultats désastreux atteignent le Royaume, parfois sous la forme d’accusations de trahison, et à d’autres moments sous la forme d’experts militaires du Hezbollah entraînant les Houthis, et parfois sous la forme de grenade farcie de Captagon….Tout cela dans un silence de toutes les personnes du système,en soutien, en peur, ou en complicité, et les voix qui osent s’opposer au parti et dire « non » à ses projets se comptent désormais sur les doigts d’une main.

C’est cette situation libanaise qui a poussé Riyad à adopter sa position d’escalade et de fougue il y a quelques jours, suite aux déclarations de Kordahi, et il en a assez d’un pays qui est censé être son ami, surtout depuis qu’il l’a aidé et soutenu pendant des décennies.

En effet, le remède à cette situation difficile, que seuls le Liban et les Libanais paieront, passe par la réforme de la situation susmentionnée, et non par le renvoi d’un ministre. Il passe par la libération des institutions de l’emprise du Hezbollah, de son contrôle, de son éclat et de l’excès de son pouvoir, et par le courage des souverains d’affronter le parti et de ne pas reculer devant lui. Résister au Hezbollah et ne pas faire de compromis avec lui, surtout maintenant, est également profitable, car ce dernier ne peut supporter les conséquences de l’isolement arabe pour le Liban, car son peuple et ses habitants en seront les plus affectés.

Paris et Washington font maintenant de la médiation pour résoudre la crise, mais tout ce qu’ils peuvent obtenir, c’est que le royaume revienne sur sa décision de cesser ses relations commerciales avec le Liban si Kordahi est destitué… Mais est-ce là l’objectif du Liban, qui a aujourd’hui besoin de ses frères arabes dans les conditions difficiles qu’il traverse ? Bien sûr que non. Il n’y a pas de solution radicale, sauf à encercler l’influence du Hezbollah et à éloigner sa main des institutions, de la gouvernance et de la prise de décision… concluent les sources.

    la source :
  • Almarkazia