SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 3 December 2022, Saturday |

La milice du Hezbollah est la « main destructrice » de l’Iran au Liban et au Moyen-Orient

La milice du Hezbollah est l’une des principales causes de l’instabilité interne au Liban et dans la région. Depuis sa fondation en 1982, le Hezbollah chiite libanais met en œuvre les plans de l’Iran dans tout le Moyen-Orient.

Voici les détails de l’une des relations les plus importantes au Moyen-Orient aujourd’hui :

Qui est le Hezbollah ?

Les Gardiens de la révolution iraniens ont créé le groupe en 1982, dans le but d’exporter la révolution islamique et de combattre les forces israéliennes qui ont envahi le Liban la même année.

Le Hezbollah partage l’idéologie chiite de Téhéran et considère le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, comme son guide politique et son inspiration spirituelle.

Le Hezbollah, que les États-Unis et d’autres pays occidentaux désignent comme une organisation terroriste, possède une aile militaire, que le parti reconnaît être financée et armée par l’Iran.

Le groupe contrôle également un formidable appareil de renseignement et effectue des tâches de maintien de la sécurité dans ses propres régions du sud de Beyrouth et du sud du Liban, ainsi que dans les zones frontalières avec la Syrie.

Des membres de la milice du Hezbollah

Hezbollah compte également des députés au parlement et des ministres au gouvernement

Et son influence politique s’est étendue en 2018, lorsque lui et ses alliés ont remporté une majorité de sièges à la Chambre des représentants.

Parmi ses activités commerciales, le Hezbollah dirige un empire de points de vente au détail et une entreprise de construction. Le parti gère également des écoles et des cliniques.

Au cours des quatre dernières décennies, la force du groupe s’est accrue et il est devenu plus fort que l’État libanais lui-même, et son nom a été associé au conflit avec Israël.

Les combattants du Hezbollah ont forcé Israël à quitter le Liban en 2000 et ont tiré 4 000 missiles sur Israël lors d’une guerre de 34 jours en 2006. Depuis lors, le parti s’est réarmé pour devenir plus fort que jamais.

Le groupe est accusé de mener des attentats à la bombe en dehors des frontières du Liban.

L’Argentine accuse le Hezbollah et l’Iran d’être responsables de l’attentat à la bombe contre un centre communautaire juif de Buenos Aires, qui a fait 85 morts en 1994, et d’un attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, qui a fait 29 morts en 1992. Le parti et Téhéran nient toute responsabilité dans ces attentats.

La Bulgarie a également accusé le Hezbollah d’avoir perpétré un attentat à la bombe qui a tué cinq touristes israéliens dans la ville de Burgas, sur la mer Noire, en 2012. Le parti a nié toute implication.

Comment le Hezbollah aide-t-il l’Iran dans la région ?

Le Hezbollah aide l’Iran à projeter sa puissance dans la région. Le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, est une figure dominante de « l’axe de la résistance » mené par l’Iran, face à Israël, aux États-Unis et à ses alliés arabes.

Orateur charismatique, Nasrallah contribue à mobiliser et à organiser les alliances arabes de Téhéran.

Le lien étroit entre le Hezbollah et l’Iran a été clairement démontré lorsque, en 2013, le parti s’est engagé dans la guerre de Syrie aux côtés de Téhéran, pour défendre leur allié commun, le président Bachar Al-Assad.

En Irak, le Hezbollah a ouvertement déclaré qu’il soutenait les milices chiites armées soutenues par l’Iran.

Au Yémen, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite affirme que le Hezbollah soutient les Houthis alliés de l’Iran dans leur guerre contre la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

En 2017, le groupe a nié avoir envoyé des armes au Yémen, et le Hezbollah reconnaît soutenir le mouvement palestinien Hamas.

Le drapeau de la milice du Hezbollah

Quelle est la place du Liban dans ce jeu ?

Des groupes mystérieux, que les responsables de la sécurité libanaise et les services de renseignement occidentaux considèrent comme liés au Hezbollah, ont lancé des attaques qui ont forcé le retrait des forces américaines du Liban au début des années 1980, notamment des attentats-suicides contre des ambassades occidentales. Le Hezbollah n’a jamais confirmé ni nié sa responsabilité dans ces attaques.

Le Hezbollah est entré plus clairement dans la vie politique libanaise après le martyre de l’ancien Premier ministre Rafik Hariri et le retrait des forces syriennes du pays en 2005.

L’année dernière, un tribunal soutenu par les Nations unies a accusé un membre du Hezbollah d’avoir planifié l’assassinat de M. Hariri, considéré comme une menace pour l’influence iranienne et syrienne au Liban. Toutefois, le tribunal n’a pas trouvé de preuves concluantes confirmant l’implication directe de la direction du Hezbollah.

Le Hezbollah nie tout rôle dans l’assassinat de M. Hariri et accuse le tribunal d’être une marionnette de ses ennemis aux États-Unis et en Israël.

En tant que base et point de départ du Hezbollah, le Liban occupe une énorme zone d’intérêt tant pour le groupe que pour l’Iran. Le Hezbollah utilise son influence politique, et parfois militaire, pour contrer les menaces de ses opposants libanais qui affirment que son vaste arsenal d’armes sape l’État.

En 2008, les combattants du Hezbollah ont pris le contrôle de Beyrouth lorsqu’un conflit a éclaté avec un gouvernement soutenu à l’époque par l’Arabie saoudite et l’Occident.

Récemment, le groupe a mené des appels à la démission de l’enquêteur en chef de l’explosion du port de Beyrouth, le juge Tarek Bitar, qui poursuit certains de ses plus proches alliés sur des accusations de négligence. Le Hezbollah affirme que l’enquête est politisée et biaisée.

    la source :
  • Reuters