SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 20 September 2021, Monday |

Le Général de division Ibrahim: La Sécurité générale n’expulsera pas les Syriens arrêtés

Le directeur général de la sécurité publique, le général de division Abbas Ibrahim, a confirmé aujourd’hui à l’Agence France-Presse qu’il avait été décidé de ne pas expulser six Syriens entrés illégalement dans le pays, après que leur arrestation le mois dernier a déclenché des réactions condamnables en matière de droits humains.

Le 28 août, l’armée a annoncé le renvoi de six Syriens « qui étaient entrés illégalement sur le territoire libanais » à la Sécurité générale.

Pendant ce temps, des défenseurs des droits humains, des militants et l’Amnesty International ont exprimé la crainte de leur expulsion imminente vers la Syrie, après que quatre d’entre eux ont été arrêtés à proximité de l’ambassade syrienne, où ils se sont rendus pour recevoir des passeports.

Ibrahim a déclaré à l’AFP que « la Sécurité générale n’expulsera pas les six Syriens et s’emploiera à régulariser leur statut juridique ».

Il a qualifié la nouvelle d’une décision de les expulser vers la Syrie d' »inexacte ».

Les six détenus, originaires du gouvernorat de Deraa dans le sud de la Syrie, sont entrés au Liban le mois dernier, à la suite d’une escalade militaire dans la ville de Deraa, entre les forces du régime et des combattants locaux de l’opposition.

Amnesty a cité, dans un communiqué, samedi, le frère de l’un d’eux, disant que son frère avait reçu un appel téléphonique de l’ambassade syrienne le 26 août, dans lequel il était invité à se présenter et avait reçu un passeport qu’il avait demandé, le 19 du même mois.

Dans un communiqué, l’Amnesty International a mis en garde contre « de graves dangers qui les attendent en Syrie », en cas d’expulsion.

Son avertissement est venu un jour après un rapport publié mardi intitulé « Vous allez mourir ».

Elle y rapporte que des dizaines de réfugiés qui sont rentrés en Syrie ont été soumis à plusieurs formes d’abus de la part des forces de sécurité, notamment des arrestations arbitraires, des tortures et même des viols.

Elle a appelé les pays d’accueil des réfugiés syriens à ne pas les forcer à retourner « forcés » dans leur pays, avertissant que la Syrie n’est pas un endroit sûr vers lequel expulser les réfugiés.

Le Liban estime qu’il y a plus de 1,5 million de réfugiés syriens sur son sol.

Moins d’un million d’entre eux sont enregistrés auprès des Nations Unies.

Le Liban a appelé à plusieurs reprises la communauté internationale, au cours des deux dernières années, à renvoyer les réfugiés en Syrie, alors que l’intensité des combats diminue et que l’armée syrienne contrôle environ les deux tiers de la superficie du pays.