SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 17 October 2021, Sunday |

Le médicament est-il enfin libéré ?

Après la grève ouverte des pharmacies pour protester contre le fait de ne pas recevoir les quantités requises de médicaments, et après de longues réunions entre les personnes concernées, il semble que le soulagement soit proche. Cependant, les espoirs restent en suspens jusqu’à ce que tous les problèmes soient résolus, que des points soient mis en place et que toutes les questions légitimes et illégitimes trouvent une réponse.

Ce dont le secteur pharmaceutique est témoin au Liban n’est pas différent des autres secteurs. Contrebande, stockage et chaos en l’absence de mécanismes sérieux pour réguler ce secteur et réduire les gaspillages scandaleux. Stockage, tandis que les pharmacies gémissent de la pénurie actuelle, et que le citoyen est humilié quotidiennement pour trouver ses médicaments quotidiens.

La Banque du Liban confirme que la poursuite du soutien concernera les médicaments chroniques et intraitables, tandis que le soutien aux autres médicaments sera levé, et le ministère de la Santé publiera mardi une liste de ces médicaments et leur classification.

Il est vrai que certains ont eu recours à la menace et à l’avertissement d’une catastrophe sanitaire qui se produirait en juillet suite à l’épuisement des stocks de médicaments, mais ce qui sera décidé en début de semaine prochaine permettra de mettre fin à la contrebande de médicaments subventionnés et d’assurer leur disponibilité sur le marché libanais.

Le chef de la commission parlementaire de la santé, le Dr Assem Araji, ne cache pas son regret quant à l’état des choses dans ce pays. Il a révélé à « Al-Nahar » que « nous avons appris que la Banque du Liban va commencer à payer les factures selon les priorités, qui ont été convenues avec le ministère de la Santé il y a un mois et demi. En conséquence, les importateurs de médicaments recevront des priorités s’élevant à environ 535 millions de dollars. Alors que les importateurs sont tenus de payer ces factures ainsi que celles des médicaments qui ont été importés avant la décision du 7 mai (obtention d’une approbation préalable de la Banque du Liban avant l’importation de tout médicament). C’est là que le bât blesse, car des médicaments ont été introduits au Liban sans l’accord préalable de la Banque du Liban.

Donc, le problème est clair entre la Banque du Liban et les importateurs de médicaments. La solution aujourd’hui est de repousser ces priorités jusqu’à ce qu’un mécanisme d’importation de médicaments soit mis en place, surtout que les importateurs ont émis une déclaration de ne pas importer de médicaments en raison de la non-ouverture des crédits de la Banque du Liban, c’est-à-dire, en somme, une déclaration de menace et d’avertissement.

Araji souligne que « la Banque du Liban a annoncé l’existence de 400 millions de dollars pour les médicaments, la farine et autres, sans préjudice de l’emploi obligatoire. Alors que la conversation entre nous et la Banque du Liban consistait à obtenir 50 millions de dollars par mois pour garantir les médicaments, alors que nous subventionnions les médicaments avec 108 millions de dollars par mois, il faut noter que ce dernier montant est important. Le véritable problème était que nous importions des médicaments de tous les pays, ce qui a entraîné une rupture du marché des médicaments. Nous ne pouvons pas nier que ce secteur était rentable, d’autant plus que 5 000 types de médicaments entraient au Liban et qu’ils n’étaient pas tous vendus. Selon les estimations, environ 35 % sont soit renvoyés dans leur pays d’origine, soit détruits. »

Par conséquent, selon Araji, « Si nous ne donnons pas la priorité aux besoins du marché en plus de l’arrêt de la contrebande, nous assisterons à une crise des médicaments similaire à la crise du carburant. A ce jour, il n’y a pas de vision claire, et nous attendons une réunion avec le Ministre de la Santé mardi, pour discuter avec lui de l’accord entre lui et la Banque du Liban, et pour connaître cette priorité et la classer (médicaments chroniques, intraitables et immunitaires). D’autre part, la Banque du Liban devrait donner une vision claire et explicite de sa capacité à soutenir la médecine, afin que nous puissions déterminer la priorité dans ce secteur. »

Et il conclut en disant : « Ce qui se passe n’est pas acceptable, ni dans la charia, ni dans la religion, ni dans le droit, ni dans la morale. »

De son côté, le président du Syndicat des pharmaciens du Liban, Ghassan Al-Amin, a confirmé à Al-Nahar que « le ministère de la Santé est en train de publier des règlements et une classification des médicaments. Elle est censée être terminée lundi, pour être annoncée lors d’une conférence de presse mardi. Mais il est certain que les médicaments destinés aux maladies chroniques, incurables et immunitaires ne seront pas supprimés de soutien, alors qu’ils le seront pour le reste des médicaments, et certains d’entre eux ne nécessitent même pas de prescription médicale. »

Et il ajoute : « La crise des médicaments a permis de réaliser une véritable révolution après que la Banque du Liban a commencé à signer des factures. En ce qui concerne les médicaments qui seront retirés de la subvention, il y aura une concurrence entre les agents pour réduire les prix. Ainsi, la Banque du Liban subventionnera les médicaments essentiels pour un montant de 50 millions de dollars par mois. Nous espérons assister au début de la semaine prochaine à une résolution sur cette question. »

Quant à l’accusation faite par l’ancien chef du Syndicat des pharmaciens de ne pas avoir protégé l’intérêt des pharmaciens, Al-Amin répond : « Alors que nous sommes occupés à sécuriser les médicaments et à tenir des réunions avec les garants, il y a ceux qui sont occupés à lancer des accusations à la lumière des élections qui approchent. Par conséquent, je dis à tous ceux qui m’accusent de ne pas être du côté des pharmaciens, qu’il suffit qu’ils m’aient donné leur voix alors que d’autres n’ont pas obtenu la leur. »

    la source :
  • An-Nahar