SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 3 December 2022, Saturday |

L’UNESCO réunit des experts à l’AUB pour identifier et protéger le patrimoine culturel moderne après les explosions

Le « Beirut Urban Lab » de l’Université américaine de Beyrouth (American University of Beirut AUB) a accueilli un atelier intitulé « Cadre et critères pour l’identification du patrimoine moderne » dans le cadre de la recherche de l’UNESCO « Identifier les attributs du patrimoine culturel dans les zones endommagées par les explosions à Beyrouth ». L’atelier a réuni des experts locaux et internationaux qui ont débattu du concept et des critères suggérés pour l’identification du patrimoine urbain moderne dans la capitale libanaise sur la base de leurs résultats.

L’étude de l’UNESCO vise à identifier et à cartographier le patrimoine culturel dans la zone de Beyrouth touchée par les explosions le 4 août 2020, afin d’établir un plan d’action pour leur réhabilitation, leur protection et leur gestion durable, dans le cadre de l’initiative de l’UNESCO « Li Beirut » (Pour Beyrouth). Qu’est-ce que le patrimoine moderne dans le contexte beyrouthien ? Comment pouvons-nous identifier ses attributs clés dans les quartiers historiques de Beyrouth les plus touchés par l’explosion ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles l’étude répondra, sachant que le patrimoine moderne bâti et paysager a souvent été marginalisé par la loi, en l’absence d’attributs clairs et distinctifs.

Dans son discours d’ouverture, Costanza Farina, directrice du bureau de l’UNESCO à Beyrouth, a souligné l’importance de l’article 7 de la loi 194, promulguée par le gouvernement libanais en octobre 2020, afin de développer les stratégies et les politiques nécessaires pour assurer la préservation et la protection du patrimoine urbain dans les zones dévastées par les explosions. « Cette loi donne à la Direction générale des antiquités (DGA) libanaises une période limitée pour agir. En réponse, un plan d’action est nécessaire pour soutenir la Direction Générale des Antiquités dans la prise de décision stratégique et dans la gestion des interventions », a-t-elle affirmé.

Et elle a ajouté : « Par le biais de l’initiative « Li Beirut », nous avons plaidé en faveur d’un redressement urbain centré sur la population par le biais de la culture, du patrimoine et de l’éducation. Les projets de l’UNESCO sont adaptés à l’approche du paysage urbain historique, connue sous le nom d’approche HUL. L’UNESCO va également lancer un nouveau projet visant à renforcer les mesures juridiques afin de protéger le patrimoine bâti et le tissu urbain du Liban. En étroite coordination avec la DGA, la troisième contribution stratégique de l’UNESCO a été de documenter le patrimoine culturel et architectural de Beyrouth affecté par l’explosion, en facilitant la création d’un modèle 3D géoréférencé de trois zones historiques de Beyrouth : Gemmayzeh, Mar Mikhail et Karantina. Ce nouvel outil servira de guide pour la réhabilitation des espaces culturels urbains et d’autres bâtiments historiques de référence sélectionnés ».

De son côté, le Dr. Sarkis Khoury, Directeur Général des Antiquités, a rappelé la voie adoptée par la DGA pour protéger le patrimoine culturel à Beyrouth, et a assuré que l’institution accorde une attention particulière au patrimoine urbain moderne.  » Nous devons nous mettre d’accord sur un dossier technique solide à présenter au parlement libanais ; c’est un long chemin « , a-t-il assuré.

L’explosion du port de Beyrouth a sonné l’alarme d’une perte irréversible de vies et de biens, y compris le patrimoine urbain des quartiers environnants, un paysage culturel qui remonte à la seconde moitié du 19e siècle, lorsque Beyrouth a commencé son expansion en dehors des frontières. La pression immobilière prédatrice et l’insuffisance des lois de protection menaçaient déjà ces quartiers bien avant les explosions.