SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 29 September 2022, Thursday |

Quel est le sort de la livre libanaise à la fin du mois de février ?

Azza Hajj Hassan - Al-Modon
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« La Banque du Liban ne sera pas en mesure de poursuivre le processus de pompage de dollars plus que la fin du mois de février en cours, c’est-à-dire après près d’une semaine. » Ce résultat ne provient pas seulement d’une analyse de la quantité d’argent que la Banque du Liban a injecté sur le marché il y a environ deux mois jusqu’à aujourd’hui, malgré la probabilité que les liquidités en devises de la banque centrale atteignent le niveau de risque, mais il est dû à l’affirmation d’un banquier proche du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salameh. Le travail de la plateforme Sayrafa sera-t-il donc suspendu ? La Banque du Liban va-t-elle cesser complètement d’interférer dans le marché des devises ? et quoi ? Quel est le sort du taux de change du dollar ?

L’arrêt de la plateforme

Une source bancaire s’attend à ce que la Banque du Liban cesse d’intervenir sur le marché des devises en tant que vendeur de dollars à la fin du mois de février en cours, c’est-à-dire à l’expiration de la circulaire 161 qui permet aux banques de vendre des dollars aux clients sans plafonds, selon le taux de change de la plateforme Sayrafa, avec la possibilité que la Banque du Liban ne renouvelle pas ou ne prolonge pas la circulaire. Ceci « au cas où le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salameh, voudrait prouver sa crédibilité », selon ce qu’a dit la source dans une interview à « Al-Modon ». Mais il y a deux facteurs qui pourraient le pousser à arrêter de pomper des dollars sur le marché. Le premier facteur est lié à la nécessité de prouver au Fonds monétaire international le sérieux de la gestion de la crise, de contrôler, bien que de manière circonstancielle, le marché monétaire parallèle et d’unifier les taux de change. Il ne fait aucun doute que la circulaire 161 contribue beaucoup à la question de la réduction du taux de change du dollar par rapport à la livre libanaise.

Quant au deuxième facteur, il est lié à l’implication de Salameh dans le processus de préparation et de réussite des élections parlementaires, et au fait d’échanger avec le pouvoir politique pour calmer le marché jusqu’à la tenue des élections.

Alors que l’économiste Dr. Louis Hobeika partage avec la source bancaire que la Banque du Liban est sur le point d’arrêter de pomper des dollars, il diffère avec lui sur le timing. En effet, selon Hobeika, la Banque du Liban n’a aucun intérêt à pousser le marché à exploser à l’heure actuelle. Bien qu’il pense que la Banque du Liban est épuisée ou au bord du danger, le pompage de dollars devrait se poursuivre, bien qu’à un rythme lent, jusqu’à la mi-mars, c’est-à-dire jusqu’à la fin du délai de dépôt des candidatures pour les élections législatives, afin de contrôler les émotions des gens et de les soulager, au moins pour un temps, à l’approche des élections législatives.

la rareté des dollars

Ce que la Banque du Liban a dépensé pour mettre en œuvre la circulaire 161 et stabiliser le taux de change est estimé à des centaines de millions de dollars. Alors que certains le rapportent aux bénéfices des entreprises appartenant à la Banque du Liban, ou dans lesquelles elle contribue, y compris le Moyen-Orient et le casino, ce qui signifie, selon l’un des banquiers, que la Banque centrale a encore les capacités de continuer à pomper le dollar pour deux mois supplémentaires, un autre banquier s’attend à ce que la Banque du Liban soit épuisée. Un autre banquier s’attend à ce que la Banque du Liban a épuisé une grande partie de ses réserves de change restantes, ce qui rend difficile pour elle de continuer à pomper des dollars au-delà de février, en raison de l’absence de couverture politique lui permettant de continuer à dépenser à partir des réserves obligatoires. En conséquence, la Banque du Liban cessera progressivement, après quelques jours, d’interférer sur le marché des devises.

La Banque du Liban ne sera pas obligée, à la fin du mois de février, d’annoncer qu’elle a cessé de pomper des dollars sur le marché. Il lui suffira plutôt d’abaisser les plafonds de dollars pour les banques et de freiner sa vente à celles-ci, selon l’un des banquiers. La Banque du Liban perdra alors sa capacité à freiner le mouvement du taux de change du dollar et à ralentir sa hausse.

Quelles que soient les sources de dollars que la Banque du Liban a injectées sur le marché, il y a plus d’un mois et demi, il reste constant qu’elle a gaspillé des centaines de millions afin de maintenir un taux de change fixe qui n’est ni réaliste ni réel. Tout ce qu’il a gagné jusqu’à présent, c’est d’apaiser un peu le ressentiment populaire contre l’autorité politique à l’approche des élections législatives.

Le jeu de baisse du taux de change

Les positions des économistes et des banquiers se croisent pour dire que ce qui se passe aujourd’hui n’est rien d’autre qu’un « jeu » visant à faire baisser le taux de change du dollar afin de réconforter les gens avant les élections, et évacuer leur colère et leur ressentiment. Hobeika s’attend à ce que le jeu se termine complètement à la mi-mars au maximum. Il a averti les Libanais de ne pas être victimes de la tromperie. Le processus de baisse du taux de change du dollar n’est pas réel, et il n’y a pas eu de changement dans le niveau de la crise jusqu’à aujourd’hui. Cela signifie que la baisse du dollar était artificielle et non scientifique, malgré le soulagement laissé par la dépréciation du taux de change, et le confort relatif de la population. Mais le problème réside dans la reprise du taux de change du dollar et la remontée de la crise des moyens de subsistance.

A partir de là, Hobeika appelle les citoyens à ne pas prendre la situation à la légère en vendant des dollars. Jusqu’à présent, rien n’indique qu’il faille se rassurer ou que le taux de change réel du dollar diminue. On s’attend à ce que le taux de change recommence à augmenter par rapport à la livre libanaise, avec l’arrêt complet du pompage de dollars par la Banque du Liban sur les marchés.