SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 3 December 2022, Saturday |

Quoi de neuf dans l’enquête avec Riad Salameh?

Deux sources bien informées ont déclaré à Reuters que l’enquête auprès du gouverneur de la Banque centrale du Liban sur des accusations de corruption est entrée dans un lieu mystérieux après qu’il a été renvoyé devant un juge qui a refusé d’examiner l’affaire.

La semaine dernière, le procureur général Ghassan Oweidat a renvoyé Riad Salameh et un certain nombre de ses collaborateurs devant un tribunal de Beyrouth après l’achèvement d’une première enquête qui a duré 18 mois.

Il a demandé au juge de porter des accusations notamment d’enrichissement illicite, de détournement de fonds, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.

Salameh fait l’objet d’enquêtes au Liban et dans au moins cinq pays européens sur des accusations selon lesquelles lui et son jeune frère, Raja, ont détourné plus de 300 millions de dollars.

En mars, les deux frères ont été inculpés d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent dans une autre affaire libanaise.

Salameh et son frère nient tout acte répréhensible dans toutes les affaires portées contre eux. Riad Salameh et l’avocat de son frère n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires mardi.

Les deux sources judiciaires ont déclaré que si le renvoi d’Owaidat a donné un coup de pouce à l’affaire, le juge Ziad Abu Haidar, qu’Owaidat a chargé d’examiner, a demandé qu’il se retire, apparemment en raison de la sensibilité de l’affaire.

Abu Haider n’a pas répondu à une demande de commentaire.

« Pratiquement, l’affaire s’est arrêtée pour la première fois depuis un an et demi », a déclaré l’une des sources.

La source a ajouté : « C’est une affaire sérieuse » car aucun juge ne supervise actuellement l’enquête et celle-ci pourrait rester dans les limbes pendant longtemps.

Le gouverneur de la Banque du Liban et son frère avaient déjà porté plainte en affirmant qu’Oueidat et le juge qui a mené l’enquête préliminaire, Jean Tannous, avaient commis des « fautes graves » dans l’enquête.

Des poursuites similaires ont entravé l’enquête sur l’attentat à la bombe d’août 2020 à Beyrouth qui a tué un grand nombre de personnes.

La demande d’Abu Haidar doit maintenant être tranchée par le chef de la cour d’appel de Beyrouth, le juge Habib Rizkallah, qui peut soit contraindre le juge à reprendre l’affaire, soit lui permettre de se retirer.

S’il accepte la demande d’Abu Haidar, l’affaire devra être renvoyée devant un nouveau juge.

Salameh dirige la banque centrale depuis près de trois décennies et bénéficie d’un soutien important des principaux politiciens libanais. L’enquête sur ses affaires financières fait face à des allégations d’ingérence politique.

Peu de hauts responsables libanais ont été condamnés malgré des décennies de corruption endémique, l’assassinat de dirigeants et de hauts fonctionnaires, l’attentat à la bombe dans le port et la crise financière de 2019.

    la source :
  • Reuters