SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 November 2022, Sunday |

Un rapport de l’Agence France-Presse révèle le nombre de jeunes Libanais immigrés en Irak!

Un rapport de l’Agence France-Presse a mis en lumière une nouvelle crise vécue par la jeunesse libanaise à la recherche d’un emploi et d’une vie décente, après le grand effondrement qui a frappé le Liban et les bases de la vie au Liban il y a deux ans jusqu’à aujourd’hui. (Le rapport parlait d’Akram – une expérience personnelle).

La grave crise économique qui a commencé il y a plus de deux ans étouffe les Libanais, dont 80% vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Et entre juin 2021 et février 2022, plus de 20000 Libanais sont entrés en Irak, selon les autorités irakiennes, sans compter les visiteurs qui se rendent à Najaf et Karbala.

L’ambassadeur du Liban en Irak, Ali Habhab, explique que le mouvement des Libanais vers l’Irak « a récemment doublé et augmenté régulièrement, en particulier dans le secteur de la santé ».

Un nouveau marché

L’expert économique irakien, Ali Al-Rawi, estime qu’il y a « une grande place et de plus grandes opportunités pour les entreprises libanaises dans l’économie irakienne », car « la plupart des entreprises étrangères ont peur d’investir » dans le pays à cause de « l’image tirée de la situation sécuritaire.

L’expert ajoute que les entreprises libanaises « sont plus en contact avec l’économie irakienne et connaissent bien l’environnement d’investissement et coexistent avec lui ».

Le rapprochement culturel et linguistique entre le Liban et l’Irak contribue à faciliter la stabilité des entreprises libanaises. Paradoxalement, la situation politique, les structures sectaires et la propagation de la corruption dans les deux pays sont également très similaires.

Pendant longtemps, la détérioration de la situation sécuritaire a privé l’Irak d’investissements et d’une destination pour les affaires, notamment après l’invasion américaine en 2003, les conflits sectaires, la prise de contrôle de l’Etat islamique et les violences qui ont suivi.

Aujourd’hui, la vie revient progressivement dans les rues de Bagdad, qui ont été témoins d’atrocités sanglantes au cours des dernières années, alors que les cafés ouvrent leurs portes jusque tard dans la nuit, tandis que les centres de beauté et les cliniques médicales sont dispersés dans tous les coins.

Cependant, ce nouveau pouls s’accompagne d’un manque d’expertise et de profondes crises de vie dans un pays qui dépend à 90% du pétrole pour ses revenus.

Les Irakiens eux-mêmes souffrent également de la pauvreté, du chômage et de la détérioration des infrastructures, puisque le taux de chômage des jeunes est de 40 % et qu’un tiers de sa population de plus de 40 millions de personnes souffre de pauvreté, alors qu’un grand nombre d’entre eux, comme les Libanais, cherchent à émigrer.

De plus, le secteur de la santé, notamment en Irak, fait face à de nombreux problèmes qui poussent de nombreux Irakiens à se rendre dans les pays voisins comme l’Iran, la Turquie et le Liban, pour se faire soigner.

Une sortie

Un grand nombre des clients du Centre d’ophtalmologie spécialisée de Beyrouth au Liban étaient des Irakiens, explique son directeur général, Michael Cherfan, de Bagdad à l’AFP.

La crise a commencé à affecter le travail du centre au Liban, et il a commencé à subir d’énormes pertes. En 2020, Cherfan note que « beaucoup de médecins ont quitté le Liban et nous avons perdu des médecins ».

Ensuite, l’Irak constituait la destination idéale : le marché n’est pas saturé, la composition démographique est adéquate, et les services fournis par le centre ne sont pas présents en Irak, explique Cherfan.

La présence du centre, ouvert il y a un an, a évité aux patients irakiens de se rendre à Beyrouth, mais il a également constitué un « répit » pour de nombreux médecins libanais et une compensation pour les pertes subies par le centre en raison de la crise au Liban.

En même temps, le centre fournit des services aux patients irakiens qui ne sont pas disponibles en Irak.

Il existe actuellement en Irak plus de 410 entreprises libanaises travaillant dans divers domaines tels que l’éducation, la construction et les secteurs du tourisme tels que les restaurants et les hôtels. Quant à la région du Kurdistan, il y aurait plus de 500 entreprises, selon l’ambassadeur du Liban, notamment à Erbil et Sulaymaniyah.

    la source :
  • AFP