SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 29 June 2022, Wednesday |

La France se précipite pour former un véritable gouvernement et se demande si le Parlement est capable de légiférer

La visite de l’ambassadrice de France, Anne Grillo, à un certain nombre de personnalités politiques a attiré l’attention au cours des deux derniers jours, notamment le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, le chef du mouvement de l’indépendance, Michel Mouawad, et le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea. Il est certain que la tournée de Grillo après les élections parlementaires ne se limitera pas aux partis chrétiens, mais inclura toutes les forces représentées au parlement. Les informations divulguées sur les réunions de de l’ambassadricr française montrent que la France craint un vide au niveau gouvernemental, et que la première préoccupation est de former un gouvernement à part entière sans aucune condition, en partant du principe que l’existence d’un gouvernement vaut mieux qu’un vide, par crainte du manque de productivité du gouvernement intérimaire, surtout dans les circonstances urgentes que le Liban connaît sur le plan économique et au niveau des conditions de vie.

Des sources ont révélé que la France n’interviendra pas cette fois-ci dans la boue libanaise, et qu’elle ne se préoccupe pas du résultat, ce qui signifie qu’elle n’interviendra pas, comme la dernière fois, en proposant des noms et en essayant de rassembler les forces, comme cela s’est produit d’abord avec Moustapha Adib, puis avec Najib Mikati.

Dans ce contexte, il est devenu certain que les consultations parlementaires n’auront pas lieu cette semaine, et que leur date pourrait être fixée à la semaine prochaine, en raison des conséquences du bazar qui s’est ouvert sur le nom du candidat au poste de premier ministre et de l’insistance de Bassil sur un accord intégré avant de procéder aux consultations.

Les rencontres d’Anne Grillo ont également suscité des interrogations en France sur la capacité du parlement actuel, avec sa nouvelle composition, à faire passer les projets de loi et les lois nécessaires pour engager les réformes, achever le plan de relance et conclure l’accord avec le Fonds monétaire international.

Les personnes qui ont rencontré Anne Grillo confirme qu’il n’y aura pas de visite du Président français au Liban à court terme, et parler d’une conférence spéciale pour le Liban sous les auspices de la France ne semble pas exact, mais d’un autre côté, on peut dire que la France est le seul pays qui s’intéresse encore au dossier libanais, au milieu de la préoccupation des pays européens et occidentaux pour le dossier ukrainien, et peut-être que le Liban est au dernier rang des priorités pour le moment.